Manaudou fuit le travail, estime Philippe Lucas
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Manaudou fuit le travail, estime Philippe Lucas

Philippe Lucas, l'ancien entraîneur de Laure Manaudou, estime que le départ de la championne olympique et monde n'est motivé que par sa fuite du travail.

«La vraie raison pour laquelle elle part c'est qu'elle a envie de moins travailler», a-t- il dit devant la presse à la piscine de Canet (Fr).

«C'est une fille qui fuit le travail alors que pour battre des records, il faut travailler, il faut s'entraîner.»

Sous l'autorité de Lucas, Manaudou, médaillée d'or à Athènes sur 400 mètres nage libre, championne du monde de la distance à Melbourne et nouvelle détentrice du record du monde du 200m, nageait entre 15 et 17 kilomètres par jour.

Mercredi, Manaudou, qui devrait aller s'entraîner au club turinois LaPresse Nuovo, a mis son départ sur le compte de différends techniques avec Lucas.

«Elle part dans une structure où elle ne connaît même pas ses partenaires d'entraînement, elle ne sait pas non plus qui va l'entraîner», a dit Lucas. «J'en ai rien à foutre. J'ai tout fait pour elle, aujourd'hui ce n'est plus mon problème.»

«Je suis blindé. Cela m'est déjà arrivé. Avec Manaudou, ça a été sympa, on a fait découvrir la natation à la France», a-t-il ajouté. «Je n'ai pas le coeur qui saigne, je ne suis pas amer. Ma passion c'est d'entraîner.»

Potec en rivale?

Lucas a d'ores et déjà prévenu que son ancienne protégée était désormais tout sauf certaine de conserver son titre olympique aux Jeux de Pékin en août 2008. «Elle a cassé son année. C'est terrible qu'elle ait cinq semaines d'arrêt», a-t-il dit.

Manaudou n'a quasiment plus nagé depuis les championnats du monde de Melbourne au mois de mars. Lucas a annoncé que la rivale de Manaudou, qui va vivre dans le pays de son petit ami, le nageur italien Luca Marin, serait probablement Camelia Potec. La Roumaine, championne olympique du 200 mètres nage libre, va rejoindre la structure d'entraînement de Lucas mercredi prochain.

Réticences d'ordre éthique

«Il faut lui souhaiter plein de bonnes choses», a-t-il dit en parlant de Manaudou, qu'il reconnaît vouloir «battre» et «déstabiliser». «A moins que j'aie une fille à moi dans la finale du 400m à Pékin. Dans le sport, si je peux niquer, je nique.»

Lucas a ajouté qu'il pensait que Manaudou allait rejoindre une structure d'entraînement qui ne lui inspire guère confiance. «Le seul souci que je peux avoir c'est au niveau de l'éthique. Au niveau médical, cela a l'air dangereux», a-t-il dit.

Manaudou serait entourée d'un expert en biomécanique et du médecin et nutritionniste de la Juventus Turin, club déjà sali par des affaires de dopage. «Elle a toujours été une fille saine. Mais on n'est jamais à l'abri.»

(ats)

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