17.09.2020 à 04:18

SalvadorMandat d’arrêt lancé contre un ex-président

Réfugié au Nicaragua, Mauricio Funes est accusé d’avoir négocié une trêve en 2012 avec les bandes criminelles qui sèment la terreur au Salvador.

Mauricio Funes est en exil au Nicaragua, où le gouvernement lui a accordé l’asile, puis la citoyenneté nicaraguayenne. (Photo Jairo CAJINA / AFP)

Mauricio Funes est en exil au Nicaragua, où le gouvernement lui a accordé l’asile, puis la citoyenneté nicaraguayenne. (Photo Jairo CAJINA / AFP)

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Un mandat d’arrêt a été lancé mercredi contre l’ancien président salvadorien Mauricio Funes (2009-2014), qui est accusé d’avoir négocié une trêve en mars 2012 avec les maras, les bandes criminelles qui sèment la terreur dans le pays. L’homme s’est réfugié au Nicaragua.

Un total de six mandats d’arrêt ont été lancés à ce jour contre l’ancien président, qui a pris la fuite en 2016 après avoir été accusé de corruption. Mauricio Funes est depuis en exil au Nicaragua, où le gouvernement lui a accordé l’asile, puis la citoyenneté nicaraguayenne.

Le mandat d’arrêt, qui sera transmis à Interpol, a été délivré mercredi pour «délits d’associations illégales et violation de ses devoirs dans le contexte de la dénommée trêve avec les bandes» criminelles, a indiqué le procureur général sur son compte Twitter.

L’ancien ministre de la défense, le général David Munguia, avait été arrêté en juillet, également pour son implication dans la négociation de cette trêve. Il est actuellement assigné à résidence.

Des «criminels terroristes»

Pour le procureur général, la trêve, qui avait permis une diminution spectaculaire des meurtres dans le pays, était «illégale», car elle a été conclue avec des «criminels terroristes». Une enquête visant le gouvernement de l’actuel président Nayib Bukele, portant également sur des soupçons de négociations avec les maras, a été récemment ouverte par la justice salvadorienne.

Elle fait suite à la publication d’un article du journal El Faro assurant que le gouvernement a engagé des négociations avec la redoutable Mara Salvatrucha (MS-13), en offrant des assouplissements des conditions de détention de ses membres emprisonnés en échange d’une réduction de sa violence meurtrière.

Les maras, qui se livrent au meurtre sur gage, au racket et au trafic de drogue, comptent au Salvador environ 70’000 membres, dont plus de 17’000 sont derrière les barreaux.

Le Salvador (6,6 millions d’habitants) est considéré comme l’un des pays les plus dangereux au monde hors zones de conflit armé. Le taux d’homicides, majoritairement attribués aux bandes criminelles, s’est établi l’année dernière à 35,6 pour 100’000 habitants.

(ATS/NXP)

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