Selon Morales: «Manger du poulet rend homosexuel»
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Selon Morales«Manger du poulet rend homosexuel»

L'opposition bolivienne et les organisations homosexuelles ont critiqué mercredi les propos du président Evo Morales.

Le dirigeant antilibéral a déclaré mardi que consommer du poulet aux hormones provoque des «déviances» sexuelles chez les sujets masculins.

Dans une longue digression de son discours devant la Conférence sur le climat de Cochabamba, il s'en était pris à l'alimentation occidentale transgénique, notamment aux poulets «chargés d'hormones féminines». «Quand les hommes mangent de ces poulets, ils connaissent des déviances dans leur être masculin», a-t-il dit.

«La calvitie, qui paraît normale, est une maladie en Europe, où presque tous sont chauves», a-t-il ajouté. «Au sein des peuples indigènes, il n'y a pas de chauves, parce que nous mangeons autrement», avait affirmé le président d'origine indienne aymara.

Rien à voir avec la sexualité

En Espagne, la Fédération nationale des lesbiennes, gays, transsexuels et bisexuels a remis une lettre de protestation à l'ambassade de Bolivie à Madrid. Elle qualifie les propos de Morales d'»homophobes».

«C'est une absurdité de penser que manger du poulet aux hormones peut modifier l'orientation sexuelle d'une personne», a jugé pour sa part la communauté homosexuelle argentine (CHA).

«Il faudrait consommer une quantité incroyable de poulet pour que cela produise un impact hormonal, mais quoi qu'il arrive, cela n'a rien à voir avec la sexualité», a déclaré l'endocrinologue Giuliana Mociulsky.

Le porte-parole du gouvernement bolivien, Ivan Canelas, a cherché à calmer le jeu. «Ce n'est pas une nouveauté que le fait d'engraisser les animaux que nous consommons avec des hormones et d'autres produits provoque des troubles chez nos enfants», a-t-il déclaré.

Pas scientifique

Lors de son discours, le président s'en était aussi pris, pêle- mêle, au Coca-Cola jugé si chimique qu'»il est un déboucheur bien connu de toilettes» ou encore à la pomme de terre néerlandaise «qui nourrit mais n'alimente pas» en raison des hormones.

«Rapporter des légendes urbaines est bien piètre pour une Conférence» comme celle de Cochabamba, a critiqué le député Andres Ortega, du parti Convergencia (droite). «Je croyais que c'était un lieu pour parler de sciences, de choses réelles et positives sur la préservation de l'environnement». (ats)

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