Genève: Manif contre l'expulsion d'un requérant blessé
Actualisé

GenèveManif contre l'expulsion d'un requérant blessé

Une centaine de personnes se sont réunies mardi en fin de journée contre l'expulsion d'un requérant d'asile blessé lors de l'incendie du foyer des Tattes, à Vernier, en novembre dernier.

1 / 31
Le jeune Tchadien Ayop, dont l'expulsion déchaîne les passions (ici lors de la remise d'une pétition, début mars).

Le jeune Tchadien Ayop, dont l'expulsion déchaîne les passions (ici lors de la remise d'une pétition, début mars).

jef
30.03.2015 Des dizaines de personnes se sont réunies avec pancartes et banderoles, sous les fenêtres de l'office cantonal de la détention à Genève.

30.03.2015 Des dizaines de personnes se sont réunies avec pancartes et banderoles, sous les fenêtres de l'office cantonal de la détention à Genève.

MaG
MaG

Agée de 19 ans, la victime a sauté du troisième étage et a eu le crâne fracturé. Le 3 mars, Berne a demandé à l'Office cantonal de la population et des migrations (OCP) d'exécuter le renvoi de ce Tchadien vers l'Espagne, premier pays où il a déposé une demande d'asile. Rassemblés sous les fenêtres du Département de la sécurité et de l'économie (DSE), les manifestants ont demandé au conseiller d'Etat Pierre Maudet de renoncer immédiatement à l'exécution du renvoi.

Traitement médical

Le jeune homme a appris mardi qu'il devra désormais se rendre tous les deux jours à l'OCP pour faire renouveler son autorisation. «La pression est énorme. Après le 30 mars, la Suisse deviendra compétente sur sa demande d'asile, ce qui serait la moindre des compensations vu ce qu'il a subi», a expliqué Laïla Batou, qui le défend avec Me Pierre Bayenet.

Le Tchadien suit un traitement à Genève. Outre sa blessure au crâne, il souffre d'un stress post-traumatique grave. Son avocate craint qu'il ne soit correctement suivi dans une Espagne en crise.

Négligence probable

Un Erythréen de 29 ans est mort dans l'incendie du centre des Tattes, qui a eu lieu dans la nuit du 16 au 17 novembre. Une quarantaine de requérants d'asile avaient alors été blessés, dont onze grièvement. Coincés à l'intérieur du bâtiment en feu, certains ont sauté par les fenêtres de leurs chambres.

La justice genevoise a ouvert une enquête sur ce drame. Divers locaux de l'administration cantonale ont été perquisitionnés. Deux personnes ont été prévenues dans ce dossier.

Selon Me Batou, le sinistre aurait été provoqué par une plaque électrique ou un mégot de cigarette mal éteint. «Sachant qu'il y a un incendie par année aux Tattes, l'Etat a fait preuve de négligence», relève-t-elle.

Soutien de la gauche

Par ailleurs, la pétition contre l'expulsion des victimes de l'incendie qui a été déposée mercredi auprès du Conseil d'Etat genevois munie de 1600 signatures en a reçu 560 supplémentaires, a annoncé Pablo Cruchon, de SolidaritéS. D'après les deux avocats qui défendent douze victimes, la blessure du Russe renvoyé à mi-décembre dans son pays était antérieure au sinistre.

Le rassemblement a eu lieu à l'appel du collectif «Sans retour», qui défend les migrants. Des membres de SolidaritéS, des Verts et du PS ont pris la parole pour dénoncer le traitement des requérants d'asile. (ats)

Ton opinion