Lausanne: Manif contre le racisme et les violences policières
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LausanneManif contre le racisme et les violences policières

Réunies devant l'Hôtel de Ville, plus d'une centaine de personnes ont demandé des changements dans les pratiques des forces de l'ordre.

par
Xavier Fernandez
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Les manifestants se sont réunis devant l'Hôtel de Ville

Les manifestants se sont réunis devant l'Hôtel de Ville

XFZ
Beaucoup de jeunes étaient là pour écouter les discours des intervenants.

Beaucoup de jeunes étaient là pour écouter les discours des intervenants.

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Des représentants du collectif Jean Dutoit sont à l'origine de ce rassemblement.

Des représentants du collectif Jean Dutoit sont à l'origine de ce rassemblement.

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Hervé Mandundu à Bex, ainsi que Lamine Fatty et Mike Ben Peter à Lausanne. Ces trois hommes noirs sont morts dans le cadre d'interventions de police, en un peu plus d'une année. C'est clairement trop. Ainsi, mardi entre 17 h 30 et 18 h, plus d'une centaine de personnes se sont rassemblées sur la place lausannoise de la Palud, devant l'Hôtel de Ville, pour protester contre le racisme et les violences policières.

«Les gens de ma communauté ressentent le besoin de dénoncer l'injustice dont nous sommes victimes», explique Felicity, une manifestante d'origine africaine. «La racisme a toujours existé, mais avant nous le percevions plus difficilement. Depuis l'arrivée de nombreux dealers, il y a eu une forme d'escalade. Il est néanmoins dommage qu'il ait fallu attendre un troisième décès pour que, enfin, on reconnaisse qu'il y a un problème. Pour moi, tout se joue lors de la formation des policiers. On leur apprend à être des cow-boys, mais ils n'ont aucune base sociale ou humaine», poursuit-elle.

En outre, la date et l'emplacement de cette manifestation n'ont pas été choisis par hasard. Pour les organisateurs, parmi lesquels se trouvent le collectif Jean Dutoit ou encore solidaritéS Vaud, il s'agissait également de remettre des tracts aux membres du législatif lausannois, qui se réunissaient en parallèle.

D'ailleurs, plusieurs objets à l'ordre du jour de cette séance du Conseil communal portaient sur les mêmes questions. Par exemple, Pierre Conscience (Ensemble à gauche) a déposé un postulat, pour demander la création d'une instance indépendante qui aurait pour mission de répondre aux plaintes et dénonciations à l'encontre de la police. «Il s'agit de corriger une incohérence. Il n'est pas normal que, pour se plaindre de la police, il faille s'adresser à cette dernière. De plus, la commission de déontologie est relativement inefficace. Et il est urgent d'agir pour rétablir un climat de paix et de confiance avec la population», commente l'élu.

Pour ce qui est de son collègue Alain Hubler (Ensemble à gauche), il a, par le biais d'une interpellation urgente, tenté de savoir si la Municipalité soutenait toujours la stratégie, mise en place depuis quelques années, visant à harceler les petits trafiquants. «Entre la police et les dealers, c'est un peu le jeu du chat et de la souris. Mais cette politique ne sert à rien, sauf à déplacer les points de vente. Cela ne règle pas les problèmes. Au contraire, cela créé des tensions entre les forces de l'ordre, qui ont l'impression de travailler inutilement, et les personnes de couleur noire qui sont la cible de discriminations, voire de contrôles au faciès», estime-t-il.

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