République tchèque: Manif' pour réclamer la démission du 1er ministre
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République tchèqueManif' pour réclamer la démission du 1er ministre

Une énorme manifestation a été organisée à Prague mardi pour réclamer la démission d'Andrej Babis, soupçonné de fraude aux subventions européennes.

La foule anti-Babis à Prague, le 4 juin 2019.

La foule anti-Babis à Prague, le 4 juin 2019.

AFP

Plus de 100'000 personnes ont manifesté mardi pour réclamer la démission du premier ministre tchèque Andrej Babis, soupçonné de fraude aux subventions européennes. Il s'agit de la plus grande manifestation depuis des décennies à Prague, selon des journalistes.

L'homme politique milliardaire est soupçonné de fraude aux subventions européennes et se trouverait en situation de conflit d'intérêts, selon un projet de rapport d'audit de la Commission européenne. Les protestataires ont une nouvelle fois envahi la grande Place Venceslas, principale artère de la capitale et haut lieu symbolique de l'histoire tchèque.

«Andrej Babis nous offre chaque semaine une nouvelle raison de protester. Nous en avons assez», a déclaré le vice-président de l'ONG «Million de moments pour la démocratie», Benjamin Roll, devant quelque 120'000 manifestants, selon les organisateurs.

Depuis la fin avril, les protestations ont régulièrement lieu contre M. Babis et contre sa ministre de la Justice, Marie Benesova, que les protestataires soupçonnent de vouloir freiner les poursuites judiciaires à l'encontre du chef de gouvernement.

Une autre affaire

Selon le document dont les extraits ont été publiés par la presse de Prague, la Commission européenne estime que M. Babis, deuxième fortune du pays, tire toujours des bénéfices de la holding Agrofert qu'il avait fondée et dont il s'était formellement séparée en 2017 par les biais de fonds fiduciaires surveillés entre autres par son épouse.

Bruxelles réclame à la République tchèque le remboursement de 17,4 millions d'euros, selon le texte dont la version finale doit être élaborée dans les mois à venir, incluant aussi la position de Prague.

M. Babis, 64 ans, nie avec véhémence se trouver dans une situation de conflit d'intérêts. «Cet audit est une attaque contre la République tchèque. Les fonctionnaires européens méprisent les lois tchèques», a-t-il affirmé devant les députés mardi, peu avant cette manifestation.

Le premier ministre fait également face à une inculpation dans une affaire de détournement présumé de deux millions d'euros de fonds européens remontant à 2007-2008, liée à son complexe hôtelier de luxe «Nid de Cigogne» près de Prague. Son mouvement populiste ANO détient 78 des 200 sièges à la chambre basse du parlement. Composé d'ANO et du parti social-démocrate CSSD, le gouvernement minoritaire de M. Babis est soutenu par les communistes. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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