Actualisé 21.02.2014 à 13:25

RussieManifestants condamnés pour «troubles massifs»

Un tribunal de Moscou a jugé vendredi coupables huit manifestants accusés de violences lors d'une manifestation anti-Poutine en mai 2012. Ils risquent de 5 à 6 ans de camp.

Jusqu'à un millier de partisans des prévenus s'étaient rassemblés en fin de matinée devant le tribunal, bouclé par un cordon de sécurité, criant «Liberté».

Jusqu'à un millier de partisans des prévenus s'étaient rassemblés en fin de matinée devant le tribunal, bouclé par un cordon de sécurité, criant «Liberté».

L'affaire est jugée par l'opposition emblématique de la répression en Russie. Les huit prévenus - Andreï Barabanov, Stepan Zimine, Denis Loutskevitch, Iaroslav Belooussov, Artem Savelov, Sergueï Krivov, Alexandra Doukhanina et Alexeï Polikhovitch - étaient poursuivis pour avoir participé à des «troubles massifs» et pour «violences envers les forces de l'ordre» lors d'une manifestation le 6 mai 2012.

L'énoncé des peines a été reporté à lundi. Le Parquet a requis entre cinq et six ans de détention. «Un jugement cruel ne résoudra pas les problèmes mais en créera plutôt de nouveaux, et brisera la vie de nos clients», a déclaré l'un des avocats de la défense, Dmitri Agranovski, à la sortie du tribunal.

Jusqu'à un millier de partisans des prévenus s'étaient rassemblés en fin de matinée devant le tribunal, bouclé par un cordon de sécurité, criant «Liberté». Parmi eux, les deux jeunes femmes du groupe contestataire Pussy Riot récemment libérées de prison, Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina, ainsi que l'opposant Alexeï Navalny.

Des dizaines d'arrestations

Environ 50 personnes ont été interpellées, a indiqué la police moscovite citée par l'agence Ria Novosti juste avant l'énoncé du jugement. Parmi elles figurent Maria Baronova et Vladimir Akimenkov, qui avaient été inculpés dans cette affaire puis amnistiés en décembre à l'occasion des 20 ans de la Constitution.

Une trentaine de personnes au total ont été inculpées dans l'«affaire Bolotnaïa», du nom de la place du «marais» au centre de la capitale russe, où avait dégénéré la manifestation du 6 mai 2012 contre l'investiture le lendemain de Vladimir Poutine pour un troisième mandat de président.

Certains l'ont été pour avoir jeté des bouteilles en plastique sur des policiers, d'autres pour avoir renversé des cabines de toilettes publiques ou résisté aux forces de l'ordre. D'après le code pénal, la notion de «troubles massifs» signifie «atteinte à l'ordre public par une foule, incendie volontaire, destruction de biens, utilisation d'armes à feu, d'explosifs». Il n'y a cependant eu ni morts ni blessés graves ni coups de feu ou incendie volontaire au cours de cette manifestation.

Le Parquet affirme que 82 policiers ont été blessés au cours des affrontements dont l'origine reste controversée, l'opposition accusant les forces de l'ordre de les avoir provoqués pour justifier un tour de vis contre toute velléité de contestation. Des dizaines de manifestants avaient également été blessés.

D'autres attendent

Dans le cadre de cette affaire, deux opposants - qui avaient reconnu leur culpabilité - ont été condamnés à quatre ans et demi et deux ans et demi de camp de travail, et dix autres personnes ont été amnistiées en décembre. Quatre autres attendent encore le début de leur procès.

La plupart des inculpés sont des citoyens ordinaires qui n'appartiennent à aucun mouvement politique, tel Iaroslav Belooussov, étudiant en sciences politiques à la prestigieuse université d'Etat de Moscou.

L'affaire Bolotnaïa implique également le dirigeant du Front de gauche Sergueï Oudaltsov, qui est, lui, poursuivi pour avoir selon l'accusation, organisé des troubles massifs, un crime passible de 10 ans de camp. Son procès, ainsi que celui d'un de ses proches, Leonid Razvozjaev, s'est ouvert mardi à Moscou.

L'ex-oligarque et critique du Kremlin Mikhaïl Khodorkovski, qui a passé dix ans en prison avant d'être gracié en décembre et contraint de facto à l'exil, a estimé dans un texte publié par la radio Echo de Moscou que le jugement des huit manifestants serait à coup sûr «répressif et sévère» et qu'une «nouvelle page honteuse s'inscrirait dans l'histoire de la Russie», avec l'envoi en prison d'innocents. (ats)

200 personnes interpellées

Environ 200 personnes ont été interpellées vendredi devant le tribunal moscovite qui a jugé coupables huit manifestants accusés de violences lors d'une manifestation contre Vladimir Poutine en mai 2012, a annoncé un porte-parole de la police moscovite cité par l'agence Ria Novosti. Environ un millier de personnes s'étaient rassemblées devant le bâtiment pour soutenir les prévenus, criant «Liberté».

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