Actualisé 10.11.2012 à 14:46

Dette grecque

Manifestation à Athènes contre les licenciements

Des centaines d'employés des collectivités locales ont manifesté samedi à Athènes devant le Parlement. Ils sont considérés comme les plus touchés par la loi sur la réduction du nombre des fonctionnaires.

«Non aux licenciements, non à la dissolution des collectivités locales, les mesures ne seront pas appliquées», proclamait la banderole principale des manifestants devant le Parlement, où le débat sur le budget 2013 se poursuivait.

Parmi les manifestants figuraient des employés des mairies des départements de Péloponnèse, venus à Athènes pour manifester. «Non aux coupes salariales, non au chômage partiel», était écrit sur la banderole des employés de la mairie de Messénie (sud) tandis que celle de Patras (ouest) réclamait «le départ du gouvernement et de la troïka».

Représentant les créanciers de la Grèce, le FMI, l'Union européenne et la BCE, la troïka réclame à Athènes une liste nominative des fonctionnaires qui seront licenciés d'ici à la fin de l'année, a indiqué samedi le site internet de «Der Spiegel» samedi.

La troïka exige une liste des licenciés

«La troïka s'attend à ce que 2000 employés de la fonction publique soient licenciés d'ici à la fin de l'année. Et elle ne se contente plus de chiffres. Elle veut aussi les noms et les prénoms», écrit «Der Spiegel» en citant «une source proche des négociations» entre la Grèce et ses créanciers.

Antonis Manitakis, ministre de la Réforme administrative, a refusé samedi de qualifier «de licenciement» le départ prévu de milliers de fonctionnaires d'ici 2016, lors du débat au Parlement sur le projet du budget 2013 qui doit être voté dans la nuit de dimanche à lundi avant une manifestation prévue en fin d'après-midi à l'appel des syndicats.

«Seule la règle de la mobilité des fonctionnaires peut éviter des licenciements massifs et horizontaux, ce qui est inapplicable, impossible et en tout cas anticonstitutionnel», a dit le ministre.

Nouvelles économies adoptées mercredi

Toutefois, le Parlement grec a adopté mercredi un nouveau train d'économies budgétaires de 18,1 milliards d'euros sur quatre ans, réclamées par l'UE et le FMI, une condition préalable pour le versement d'une tranche cruciale de prêts de 31,2 milliards d'euros gelée depuis juin.

La loi sur ces mesures intitulée «Stratégie des finances à moyen terme 2013-2016» prévoit la réduction du nombre des fonctionnaires d'environ 125'000 au total d'ici 2016, la suppression de postes dans l'administration et «la mise en disponibilité» d'agents condamnés par la justice ou les conseils disciplinaires.

Selon les premières estimations du gouvernement grec «au moins 2000 fonctionnaires sont censés partir en 2012». Il prévoit également des «mutations obligatoires» et prolonge jusqu'en 2016 la règle d'»une embauche pour cinq départs» imposée au début de la crise de la dette en Grèce en 2010.

La Grèce s'est engagée à poursuivre les réformes structurelles dans le secteur public, fusionner ses organismes publics (universités, hôpitaux, fonds de sécurité sociale, etc), réduire les dépenses des collectivités locales et limiter les dépenses pharmaceutiques, selon la loi votée mercredi.

(ats)

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