Macédoine: Manifestation contre le gouvernement en place
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MacédoineManifestation contre le gouvernement en place

Plus de 20'000 personnes se sont rassemblées dimanche à Skopje pour réclamer la démission du Premier ministre conservateur Nikola Gruevski, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Son cabinet est accusé de corruption et d'écoutes illégales à grande échelle. Une centaine d'opposants restaient déployés devant le siège du gouvernement en soirée.

Sous un soleil de plomb, brandissant des drapeaux macédoniens mais aussi albanais, et criant «Victoire, Victoire», les protestataires étaient regroupés sur un boulevard longeant le bâtiment du gouvernement.

Samedi, dans une interview à la télévision locale NOVA, le leader de l'opposition de gauche Zoran Zaev a affirmé que des manifestants allaient rester sur place jusqu'à la démission du gouvernement.

«Tant qu'il n'est pas parti, nous n'allons pas quitter les lieux», a-t-il lancé dimanche à ses militants à Skopje.

Des manifestations antigouvernementales de moindre ampleur sont organisées depuis des semaines à Skopje. L'opposition dénonce régulièrement des affaires de corruption et de pots-de-vin impliquant le gouvernement.

Trois démissions

Défiant l'opposition, le Premier ministre a affirmé samedi qu'il ne souhaitait aucunement démissionner. Il a ajouté, sans avancer de preuves, que derrière l'opposition se trouvaient des services secrets étrangers.

En revanche, trois de ses proches collaborateurs, les ministres de l'Intérieur et des Transports ainsi que le chef des renseignements, ont présenté leur démission.

«C'est une manoeuvre visant à assurer la survie» du gouvernement Gruevski, a déclaré l'universitaire Muamer Pajaziti, spécialiste des Affaires européennes. «L'opposition et l'opinion publique n'accepteront pas cette solution. Le moment est propice pour un changement mené par l'opposition. Peu à peu, une coalition d'envergure se met en place», a-t-il estimé.

Enregistrements illégaux

M. Gruevski a annoncé l'organisation d'une manifestation de ses sympathisants, en signe de soutien au pouvoir, lundi soir dans le centre de Skopje.

Cette ex-république yougoslave de 2,1 millions habitants à majorité slave est en proie depuis le début de l'année à une grave crise politique qui oppose les principales formations slaves. Le pouvoir accuse l'opposition d'«espionnage» et de «volonté de déstabiliser le pays».

M. Gruevski, chef du gouvernement depuis 2006, et son parti ont été reconduits au pouvoir pour un mandat de quatre ans lors des législatives anticipées d'avril 2014. Néanmoins, depuis, l'opposition refuse de participer aux travaux du Parlement et dénonce des «fraudes» commises durant le scrutin.

Le Premier ministre se trouve au coeur d'un scandale révélé en février par M. Zaev. L'opposant a transmis à un lanceur d'alerte des enregistrements réalisés par le gouvernement et présentés comme illégaux. Ces enregistrements semblent mettre en lumière un contrôle étroit exercé par les autorités sur des journalistes, des magistrats ainsi que sur des procédures électorales. (ats)

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