Goumois (JU): Manifestation pour le Doubs
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Goumois (JU)Manifestation pour le Doubs

Un millier de personnes venues de Suisse et de France ont manifesté samedi à Goumois (JU) en faveur du Doubs, à l'appel d'organisations de protection de la nature.

Les organisations de protection de la nature demandent aux autorités d'agir pour empêcher la mort de cette rivière.

Les deux cortèges se sont rejoints au milieu du pont de ce village frontière qui enjambe le Doubs. Environ trois quarts des participants étaient français, a indiqué à l'ATS le porte-parole de Pro Natura, Nicolas Wüthrich. La plus grande partie de cette rivière de plus de 450 kilomètres se trouve sur territoire français.

Depuis 2009, des poissons sont régulièrement retrouvés morts dans le Doubs. Des analyses ont révélé la présence sur les truites et les ombres d'une infection de la peau causée par une mycose dont l'origine demeure un mystère. La qualité de l'eau n'est pas en cause, selon le canton du Jura.

«Mur de la honte»

A l'appel d'associations suisses et françaises, les manifestants ont voulu faire prendre conscience aux autorités qu'il y a un problème très grave avec la santé de la rivière et que le temps presse si l'on veut la sauver. Ils ont défilé sous la pluie, qui a été bien accueillie par les pêcheurs.

Des amateurs de promenades, dont de nombreux Alémaniques, ont participé au cortège, selon Nicolas Wüthrich. Le porte-parole de pro Natura y voit un signe que le problème ne concerne pas que les pêcheurs.

Parmi les personnalités présentes à la manifestation, le réalisateur et défenseur de la nature français Yann Arthus-Bertrand a participé à la rencontre des deux cortèges sur le pont. Un «mur de la honte» a été érigé à cet endroit et des poissons morts y ont été déposés.

Immobilisme

Les organisations de protection de l'environnement ne désignent pas un coupable. Selon elles, il s'agit d'une accumulation de problèmes liés à l'utilisation d'engrais et au turbinage des barrages.

Dans la foulée, elles dénoncent la passivité des autorités. Dans un communiqué, Pro Natura, le WWF et la Fédération suisse de pêche critiquent «le manque de dialogue et l'immobilisme de la Confédération et du canton du Jura». Les organisations de protection de l'environnement et les pêcheurs aimeraient participer au groupe de travail chargé du problème écologique du Doubs.

La rivière fait l'objet de toutes les attentions. Deux jours avant la manifestation de Goumois, les cantons du Jura et de Neuchâtel ont réaffirmé l'importance qu'ils accordent à la santé de la rivière. Le Jura veut renforcer de la coordination avec Neuchâtel et la France pour intervenir auprès des exploitants des barrages.

Eclusées intempestives

Les associations de protection de l'environnement, les pêcheurs et les autorités montrent en effet du doigt les éclusées provoquées par les barrages hydroélectriques. Ils accusent les exploitants de porter gravement atteinte au Doubs avec des lâchers d'eau qu'ils jugent intempestifs.

Cette pratique entraîne d'importantes variations de débit en aval des installations qui sont dommageables pour la faune et la flore. En cause, les barrages du Châtelot (NE) exploité par le Groupe E, du Refrain (F) exploité par EDF et de la Goule (JU).

Le Doubs longe la frontière franco-suisse sur 75 kilomètres avant d'effectuer une boucle de 30 kilomètres dans le Jura et de gagner la France. Ce cours d'eau est considéré comme le symbole d'une nature sauvage et protégée. (ats)

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