Actualisé 31.10.2013 à 11:07

KenyaManifestation pour plus de justice face aux viols

Des centaines de manifestants ont réclamé justice jeudi à Nairobi pour la fin de l'impunité contre les auteurs de violences sexuelles au Kenya.

Depuis un mois, la colère est montée dans le pays à mesure qu'était dévoilée l'histoire de l'adolescente, identifiée sous le pseudonyme de Liz.

Selon la presse, la jeune fille a été battue, violée et jetée dans une fosse septique en juin par six hommes alors qu'elle revenait des funérailles de son grand-père dans l'ouest du Kenya.

Toujours selon les médias, elle connaissait certains de ces agresseurs et trois suspects avaient été conduits par des habitants à la police. Mais celle-ci les a relâchés, leur ordonnant seulement auparavant de débroussailler les abords du commissariat.

Aucune poursuite n'a à ce jour été engagée dans cette affaire. Depuis son agression, l'adolescente se trouve dans un fauteuil roulant, sa colonne vertébrale ayant été mise à mal.

Ces dernières semaines, une pétition réclamant «Justice pour Liz» a été lancée par une militante kényane des droits des femmes, Nebila Abdulmelik, membre du Réseau de développement et de communication des Femmes africaines (Femnet), co-organisateur de la manifestation de jeudi.

Dans les rues de Nairobi jeudi, les manifestants ont scandé «Que voulons-nous ? Du respect, du respect du respect, de la dignité», et marché jusqu'au quartier général de la police pour suspendre aux grilles des guirlandes de culottes et remettre la liste des quelque 1,3 million de personnes ayant déjà signé la pétition.

«Couper de l'herbe n'est pas une punition pour un viol», «Les survivants de violences sexuelles, qui s'occupe d'eux?» pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les militants.

«Notre demande immédiate est que soient arrêtés et jugés les auteurs (du viol) et que des mesures disciplinaires soient prises contre la police qui n'a elle-même pris aucune mesure» contre les agresseurs, «parce que nous avons l'impression que (la police) a donné du courage à d'autres pour violer», a expliqué Mme Abdulmelik.

Au Kenya, a-t-elle ajouté, «on estime qu'au moins une femme sur trois sera victime de violences sexuelles au cours de sa vie». «Nous utilisons l'histoire de Liz pour mettre en lumière tous les autres cas de violences qui n'arrivent pas nécessairement aux médias, à la police». (afp)

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