Grèce : Manifestations à Athènes contre l'austérité
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Grèce Manifestations à Athènes contre l'austérité

Quelque 50'000 personnes police défilaient à Athènes pour dire leur ras-le-bol des mesures d'austérité. dans le même temps, les recettes attendues ont été revues à la baisse.

Environ 15'000 manifestants, encadrés par les forces de l'ordre, ont défilé jeudi à Athènes.

Environ 15'000 manifestants, encadrés par les forces de l'ordre, ont défilé jeudi à Athènes.

«Le gouvernement grec a revu à la baisse ses objectifs de privatisation pour la fin de l'année 2011», indique le premier rapport trimestriel de la task force publié jeudi à Bruxelles. L'objectif initial était de parvenir à collecter 5 milliards d'euros issus des privatisations d'ici à la fin de l'année, puis 15 milliards d'ici fin 2012 et 50 milliards d'ici fin 2015.

Le rapport souligne «des retards dans la vague initiale de privatisations dus à des goulets d'étranglement dans le processus» et table désormais sur 1,3 milliard d'ici fin 2011.

L'Union européenne aide par ailleurs la Grèce dans ses négociations avec la Suisse, dans le cadre des efforts d'Athènes pour récupérer 60 milliards d'euros d'impôts et taxes impayés. L'Allemand Horst Reichenbach, qui dirige la task force, a reconnu jeudi en présentant ce rapport qu'il y avait eu «peu d'avancées» en la matière.

Selon une source européenne, sur les quelque 60 milliards d'euros de manque à gagner fiscal identifiés par le FMI, la moitié peut «théoriquement» être récupérée et seuls 8 milliards le seront vraisemblablement «tôt ou tard».

Samaras veut renégocier

Pour sa part, le chef de file des conservateurs grecs de Nouvelle- Démocratie, Antonis Samaras, dit vouloir obtenir la majorité absolue lors des élections anticipées en 2012 afin de renégocier les conditions du plan de soutien européen.

A Athènes, quelque 50'000 personnes - étudiants, militants de gauche radicale et anarchistes essentiellement - défilaient dans le centre d'Athènes pour dire leur ras-le-bol des mesures d'austérité, à l'occasion des commémorations de la répression de la révolte étudiante par la junte des colonels, en 1973.

Près du parlement, un incident a opposé un groupe de casseurs qui lançaient des cailloux et deux cocktails molotov sur la police qui a répondu en tirant des jets de gaz lacrymogène, a-t-on indiqué de source policière.

Les traditionnels slogans célébrant le soulèvement étudiant ont pris une coloration très actuelle pour dénoncer «la junte des banques, de l'Union européenne, du FMI», comme le proclamait une banderole dans une allusion directe à la politique d'austérité imposée à la Grèce surendettée par ses créanciers.

«La junte ne s'est pas terminée en 1973, soulèvement contre le gouvernement UE-FMI !» pouvait-on également lire dans le cortège.

De la nourriture dans les poubelles

Efthymios, un lycéen de 18 ans du Pirée, près d'Athènes, est venu manifester car il s'inquiète pour l'avenir de son pays en crise. «C'est la première fois depuis que je suis né que je vois des gens chercher de la nourriture dans les poubelles» raconte-t-il.

Aristidis, un serveur de 38 ans, est venu manifester parce qu'il sent «trahi» par le gouvernement, qui a accepté sans rechigner les sacrifices demandés par les partenaires financiers du pays pour redresser ses finances.

Marita, 23 ans, étudiante à l'Ecole Polytechnique, établissait un parallèle entre passé et présent: «le gouvernement actuel (de coalition) n'est pas issu des élections. Qu'est ce que c'est sinon une junte?» «Nous les ficherons tous dehors!», promettait d'ailleurs une banderole.

Le gouvernement grec formé vendredi sous la direction de l'ex- vice-président de la Banque centrale européenne Lucas Papademos est un cabinet de transition comprenant une alliance historique socialistes-droite-extrême droite. Il va tenter de sauver le pays de la faillite et d'une possible sortie de la zone euro.

(ats)

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