Jo et manifestations: Manifestations dans le monde pour les droits de l'homme en Chine
Actualisé

Jo et manifestationsManifestations dans le monde pour les droits de l'homme en Chine

Des milliers de personnes ont manifesté vendredi dans le monde pour dénoncer les atteintes aux droits de l'Homme en Chine, à l'occasion de l'ouverture des JO de Pékin. Reporters sans frontières (RSF) a notamment piraté une radio à Pékin même.

L'organisation basée à Paris a commencé à émettre sur une station locale à 08h08, douze heures exactement avant le début de la cérémonie d'ouverture des Jeux. «Quelles que soient les mesures que vous prenez, vous n'arriverez pas à bout de la liberté de parole», a lancé une voix en français aux autorités chinoises.

Cette «radio sans frontières» est «le plus beau pied de nez aux autorités chinoises qui détiennent encore des dizaines et des dizaines de journalistes et d'internautes en prison», a déclaré le secrétaire général de RSF, Robert Ménard, dans un communiqué.

Selon l'organisation, il s'agit de la première fois qu'un programme est diffusé sans le contrôle de l'Etat chinois depuis la prise de pouvoir du Parti Communiste en 1949.

Banderole déployée à Hong Kong

A Hong-Kong, un manifestant britannique déguisé en cheval a escaladé un pont et déployé deux banderoles en faveur de la démocratie et des droits de l'homme. L'homme, auteur de plusieurs coups d'éclat du genre dans l'ancienne colonie britannique, a été interpellé.

Plusieurs organisations et des dissidents chinois prévoient de manifester vendredi soir à Shatin, près de Hong-Kong, où se dérouleront les épreuves d'équitation des Jeux.

Arrestations au Népal

Hors de Chine, c'est au Népal que la mobilisation a été la plus importante. La police a annoncé l'arrestation d'au moins 1400 exilés pour avoir manifesté près de la mission chinoise à Katmandou. La capitale népalaise est le théâtre quasi quotidien de protestations contre Pékin depuis les émeutes de mars au Tibet.

En Inde, près de 3000 Tibétains ont bravé une forte pluie pour défiler près du Parlement à New Delhi. «La Chine n'est pas le bon endroit pour organiser des Jeux olympiques, ce sont des olympiades du sang, des olympiades de la honte», criait un manifestant. Et au moins 150 bonzes tibétains en exil ont tenté d'entrer dans l'enceinte de l'ambassade de Chine à New Delhi.

A Ankara, un manifestant a tenté de s'immoler devant l'ambassade de Chine lors d'un rassemblement de Chinois musulmans qui avait attiré quelque 300 personnes.

Au Japon, la compagnie aérienne chinoise Air China a reçu des menaces d'une explosion d'un de ses avions ou de précipiter des appareils sur le site des JO. Un de ses Boeing a été contraint de revenir se poser à Nagoya (ouest).

Devant les ambassades

Des milliers de personnes se sont également mobilisées en Europe. A Londres, environ 300 personnes ont manifesté devant l'ambassade chinoise. Certaines portaient sur le front un bandeau rouge portant l'inscription «tué», d'autres brandissaient des drapeaux du Tibet et des pancartes appelant à l'»arrêt du génocide en Chine».

Quelque 200 manifestants tibétains, certains méconnaissables sous des bandages ensanglantés et les mains attachées par des chaînes, ont manifesté à Bruxelles près des principales institutions européennes.

Des centaines de personnes ont manifesté près de l'ambassade de Chine à Paris, à l'appel de RSF. La justice avait précédemment annulé l'interdiction de manifester dans ce secteur.

A Amsterdam, de 100 à 400 manifestants, selon les sources, se sont rassemblés sur le Dam, face au palais royal. Quelques dizaines de personnes ont également manifesté à Vienne, Prague et Berlin. A Madrid, une délégation de RSF Espagne a tenté de remettre une lettre à l'ambassadeur de Chine. Ce dernier a refusé de recevoir cette «organisation ennemie du peuple chinois».

Cent-vingt-sept athlètes, dont une quarantaine participent aux Jeux, ont signé une lettre, initiée par l'ONG allemande «Sports for Peace», ouverte au président Hu Jintao appelant au respect des droits de l'Homme. (ats)

Ton opinion