Proche-Orient: Manifestations dans toute l'Europe contre l'offensive israélienne
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Proche-OrientManifestations dans toute l'Europe contre l'offensive israélienne

Des dizaines milliers de personnes ont manifesté samedi dans toute l'Europe, demandant la fin de l'offensive israélienne dans la bande de Gaza.

De son côté, Tsahal a annoncé une intensification des combats. En deux semaines, ceux-ci ont fait plus de 850 morts.

A Londres, quelque 12'000 personnes selon la police - 100'000 selon les organisateurs - se sont rassemblées en début d'après-midi près de Hyde Park. Le cortège, emmené par des artistes et hommes politiques de gauche, s'est ensuite dirigé vers l'ambassade israélienne, dans le quartier de Kensington.

Certains manifestants brandissaient des pancartes ornées du drapeau palestinien réclamant: «Libérez la Palestine» ou «Arrêtez le massacre à Gaza». Des affrontements ont éclaté entre la police et «une petite minorité de manifestants» qui a tenté de forcer la grille d'entrée de la rue attenante à l'ambassade d'Israël, a rapporté Scotland Yard.

Sous haute surveillance

A Paris, entre 30'000 personnes et 100'000 personnes ont défilé aux cris d'»Israël assassin» et «Halte au massacre». Pas moins de 3800 policiers avaient été mobilisés pour éviter les débordements.

Au total, plus de 80 manifestations ont eu lieu dans toute la France, rassemblant des milliers de personnes dans les grandes villes. Des incidents ont éclaté en marge des rassemblements dans la capitale française ainsi qu'à Nice (sud) où sept policiers ont été légèrement blessés et onze personnes interpellées.

Des milliers de manifestants se sont également rassemblés en Allemagne, en Suède, en Grèce, en Italie ou en Hongrie. Et, en Suisse, un cortège de 7000 personnes a sillonné la ville de Berne. Aux Etats-Unis, ils étaient environ 10'000 à protester devant la Maison-Blanche, à Washington.

Combats plus durs

L'opération «Plomb durci», qui est entrée dans sa troisième semaine, a coûté la vie à 854 Palestiniens, dont 270 enfants et 98 femmes et fait plus de 3490 blessés, selon des sources médicales palestinienne. Tsahal a pour sa part indiqué que son offensive avait coûté la vie à plus de 550 combattants palestiniens.

Côté israélien, trois civils et dix soldats ont été tués par des tirs de roquettes.

Israël, qui a décidé de ne pas tenir compte d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU appelant à un cessez-le-feu immédiat, a mené samedi de nouvelles attaques dans le territoire contrôlé par le mouvement islamiste Hamas.

Ainsi, huit membres d'une même famille, dont un enfant de 12 ans, ont été tués par un char israélien à Jabaliya (nord). Au total, 28 personnes ont trouvé la mort durant la journée dans la bande de Gaza.

L'armée israélienne a en outre largué des milliers de tracts en arabe sur Gaza-ville avertissant la population d'une prochaine «intensification des opérations».

De son côté, le Hamas a tiré huit roquettes dans le sud d'Israël, faisant deux blessés. La trêve quotidienne observée de 12h00 à 15h00 a par ailleurs été violée des deux côtés.

Reprise de l'aide imminente

L'Agence de l'ONU d'aide aux réfugiés palestiniens (Unrwa) a annoncé une imminente reprise de la distribution d'aide humanitaire après avoir reçu d'Israël l'assurance que la sécurité des personnels de l'ONU» serait «pleinement respectée». L'aide avait été partiellement suspendue jeudi après qu'un convoi de l'ONU eut été touché par des tirs.

La décision de poursuivre la guerre a été prise vendredi par le cabinet de sécurité, le Premier ministre Ehud Olmert ayant jugé la résolution de l'ONU inapplicable.

Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a condamné cette décision et appelé la communauté internationale à exercer une «réelle pression» sur Israël.

Hamas en négociations

Bien que la résolution soit restée lettre morte, la diplomatie poursuivait ses efforts pour mettre fin à la guerre, en particulier au Caire. Une délégation du Hamas devait y faire part aux autorités égyptiennes de ses «remarques» sur une initiative de sortie de crise du président Hosni Moubarak.

M. Moubarak propose un plan prévoyant notamment «un cessez-le-feu immédiat pour une période limitée», permettant l'établissement de couloirs humanitaires et laissant le temps à l'Egypte d'oeuvrer pour un cessez-le-feu «global et définitif». (ats)

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