Actualisé 27.09.2019 à 16:34

Suisse

Manifs dans tout le pays pour l'urgence climatique

Environ 3500 manifestants pour le climat ont défilé vendredi à Lausanne. Plusieurs actions de blocage ont eu lieu. Des actions ont également eu lieu à Genève.

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frb/ats

Les militants pour le climat ont donné du fil à retordre à la police vendredi à Lausanne. Plusieurs centaines d'entre eux ont tenté de bloquer le giratoire de la Maladière, forçant un barrage avant d'être finalement stoppés et évacués.

Cette nouvelle journée de grève du climat a démarré à 10h00 sur la place de la gare, où environ 3500 personnes se sont rassemblées, selon une estimation de la police lausannoise. La mobilisation a été bien moins importante que lors des grèves du début d'année, qui avaient réuni jusqu'à 10'000 manifestants dans la capitale vaudoise.

«Climat de révolte», «Nous devons agir», «Respecte la terre, on ne demande pas la lune», pouvait-on lire sur les pancartes. Les militants arboraient également de nombreux dessins. Au fil de la marche, les rangs se sont quelque peu clairsemés, a précisé un porte-parole de la police lausannoise.

Grève du climat: perturbations à Lausanne

Environ 3500 manifestants se sont rassemblés vendredi vers 10h00 devant la gare, selon une estimation de la police municipale. Arrivée à Vidy, une partie du cortège composée des membres d’Extinction Rebellion a tenté de bloquer le rond-point de la Maladière, mais ils ont été stoppés par la police. À 12h30, ils bloquent toujours la circulation.

L'action de vendredi a été marquée par le ralliement du mouvement vaudois pour la grève du climat avec Extinction Rebellion, le collectif prônant la désobéissance civile non-violente. Une partie des manifestants a ainsi tenté de bloquer le giratoire de la Maladière, un point névralgique à l'entrée de la ville.

Renforts

La police s'est retrouvée face à environ 200 militants. Déterminés, ceux-ci ont réussi à forcer un premier barrage avant d'être stoppés sur l'avenue de Rhodanie à une centaine de mètres du giratoire.

Extinction Rébellion bloque le pont Bessière à Lausanne

Des militants du mouvement Extinction Rébellion bloquent le pont Bessières vendredi à Lausanne. Plusieurs d’entre eux ont été délogés par la police avant de reprendre position quelques mètres plus loin. Environ 200 manifestants se sont installés sur le pont en fin de matinée et ont rapidement fait connaître leurs revendications: que le Conseil fédéral s’exprime à la radio et à la télévision sur le réchauffement climatique. Plus précisément qu’il dise "la vérité sur cette situation critique".

Le face-à-face a duré environ deux heures avant que la police ne procède à l'évacuation du site. Les plus récalcitrants ont dû être emmenés sur des brouettes. D'autres militants ont pris la fuite en direction de la gare, où ils ont fini par se disperser en fin d'après-midi.

Du côté des forces de l'ordre, des renforts ont dû être appelés. La police Est-Lausannois et la gendarmerie ont ainsi apporté leur soutien à la police municipale.

La semaine dernière déjà, Extinction Rebellion avait mis la police à contribution en occupant le pont Bessières de 12h00 à 20h00. Le collectif avait annoncé vouloir bloquer trois ponts vendredi, avant de revoir ses plans et de se rabattre sur le giratoire de la Maladière.

Nouvelle approche

Pour la première fois, Extinction Rebellion a été soutenu vendredi dans son action par le mouvement vaudois pour la grève du climat. Celui-ci a en effet indiqué vouloir se mettre, lui aussi, à la désobéissance civile. Une nouvelle approche qu'il justifie par l'échec des discussions avec le gouvernement vaudois.

«Les grévistes vaudois du climat ont décidé d'interrompre leur collaboration active avec le Conseil d'Etat», a écrit vendredi le mouvement dans un communiqué. Dénonçant «l'inertie» du monde politique, il affirme «qu'un changement de système paraît de plus en plus inévitable.»

Pour les mois à venir, les grévistes du climat vaudois annoncent une multiplication des actions «des plus institutionnelles et habituelles aux plus radicales et insolites.» Ils ajoutent vouloir suivre la voie de la désobéissance civile non violente, et disent déjà préparer la «grève générale économique», programmée en Suisse et à l'international le 15 mai prochain.

Cinq rencontres

Les grévistes du climat ont été reçus à cinq reprises par le gouvernement vaudois. A l'issue de leur ultime rencontre, début septembre, les militants avaient déjà fait part de leur mécontentement, jugeant «inconsistante» la vision des autorités en matière de réchauffement climatique.

Remontée contre l'accusation d'inaction, la présidente du gouvernement vaudois, Nuria Gorrite, avait alors rétorqué que l'Etat consacrait déjà «beaucoup d'argent» à la défense de l'environnement. «L'état d'urgence n'abolit pas le processus démocratique et le respect des institutions que sont le gouvernement et le parlement. Nous prenons acte à regret que les grévistes ne croient pas à ce processus», avait-elle commenté.

A Genève aussi

Près de 2500 personnes, selon la police cantonale, sont descendues dans les rues genevoises. Partis de la rive droite, le cortège composé principalement de jeunes a rallié sans incident la Plaine de Plainpalais en criant les slogans qui accompagnent régulièrement ces manifestations: «Et un, et deux et trois degrés: c'est un crime contre l'humanité».

Manifestation pour le climat à Genève

A Genève, près de 2500 personnes, selon la police cantonale, sont descendues dans la rue. Partis de la rive droite, le cortège composé principalement de jeunes a rallié sans incident la Plaine de Plainpalais
(Video: 20min)

Les manifestants ont fustigé les banques lors de leur passage devant les grands établissements financiers. Ils ont également crié leur colère pour que les gouvernements agissent immédiatement. L'ambiance était toutefois bon enfant avec beaucoup de musique et des pancartes ironiques.

Marche nationale à Berne samedi

A la veille de la marche nationale pour le climat samedi à Berne, plusieurs autres manifestations ont eu lieu en Suisse. Près de 5000 personnes sont descendues dans la rue à Zurich. Pour la première fois, les organisateurs ont divisé la manifestation en deux groupes, l'un plus calme que l'autre. Des événements de plus petite ampleur se sont déroulés ailleurs en Suisse. A Bienne, par exemple, entre 250 et 300 personnes, essentiellement des jeunes en âge de scolarité, ont défilé bruyamment à travers la ville. «C'est le moment de changer le Parlement», a lancé l'un des orateurs en évoquant les élections fédérales du 20 octobre. A Neuchâtel, les acteurs de la grève du climat ont organisé une journée d'action. Des cours et des conférences ont notamment été donnés à l'Université sur les bouleversements environnementaux. Une cinquantaine de participants en ont profité pour organiser une marche de protestation en ville.

Les arbres en danger

Plus de 40% des espèces d'arbres présents en Europe sont menacées d'extinction, a averti vendredi une ONG de protection de la nature, blâmant notamment l'expansion des espèces invasives et le développement urbain. Plus d'infos ici.

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