03.12.2019 à 01:35

Amérique latineManifs en Colombie: le pouvoir prêt à dialoguer

Un dialogue avec les leaders de la contestation est possible, selon le gouvernement colombien, à condition qu'ils annulent une manifestation.

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La Haute commissaire de l'ONU pour les droits humains a alerté mercredi sur les homicides et autres abus présumés commis par des militaires et des policiers en Colombie, depuis l'accord de paix de 2016 avec l'ex-guérilla Farc. (Mercredi 26 février 2020)

La Haute commissaire de l'ONU pour les droits humains a alerté mercredi sur les homicides et autres abus présumés commis par des militaires et des policiers en Colombie, depuis l'accord de paix de 2016 avec l'ex-guérilla Farc. (Mercredi 26 février 2020)

Keystone
Mardi, les forces de l'ordre étaient encore déployées à la tombée de la nuit dans le centre historique, proche du siège de la présidence.  (Mardi 21 janvier 2020)

Mardi, les forces de l'ordre étaient encore déployées à la tombée de la nuit dans le centre historique, proche du siège de la présidence. (Mardi 21 janvier 2020)

AFP
Une manifestation bruyante et colorée contre le président colombien Ivan Duque a eu lieu dimanche à Bogota. (8 décembre 2019)

Une manifestation bruyante et colorée contre le président colombien Ivan Duque a eu lieu dimanche à Bogota. (8 décembre 2019)

AFP

Le gouvernement colombien s'est dit prêt lundi à dialoguer directement avec les leaders du mouvement qui conteste depuis 12 jours la politique du président Ivan Duque, mais il leur demande d'annuler une manifestation nationale prévue mercredi.

«Nous sommes prêts à nous réunir avec eux cet après-midi ou demain pour évoquer» leurs doléances, a déclaré à la presse Diego Molano, le coordinateur du «dialogue» lancé par le président de droite pour tenter de mettre fin au mouvement de contestation. Il a débuté le 21 novembre par une manifestation et une grève nationales très suivies et très inhabituelles dans ce pays sud-américain.

Depuis cette «Mobilisation nationale», comme l'appellent ses promoteurs, la protestation prend la forme de manifestations spontanées ou organisées par tel ou tel secteur de la société colombienne.

«Effets économiques»

Elles drainent parfois quelques centaines, parfois plusieurs milliers de personnes. Les manifestants - étudiants, indigènes syndicalistes - défilent au son des «cacerolazos» (des cuillers frappées sur des casseroles) pour exiger une inflexion de la politique d'Ivan Duque.

Diego Molano a aussi demandé aux leaders du mouvement d'annuler leur appel à manifester le 4 décembre ce qui permettrait, selon lui, de réduire «les effets économiques» des manifestations sur l'activité commerciale en cette période d'avant Noël. «Nous disons au Comité national de la grève que le gouvernement du président Duque est entièrement disposé à dialoguer, sans ultimatum, sans pression, pour le bien de la Colombie», a-t-il affirmé.

Dans la soirée, le Comité national de la grève, qui regroupe syndicats, étudiants, professeurs, indigènes et responsables d'opposition, a dit être prêt à négocier sans conditions pour arriver à des accords qui répondent aux revendications des manifestants.

Et, a écrit sur Twitter Diogenes Orjuela, président de la puissante Centrale unitaire des travailleurs (CUT), pour qu'un dialogue ait lieu, le Comité demande «une méthodologie claire, des garanties» et que soient abordés les sujets qui ont «motivé» la mobilisation du 21 novembre.

13 requêtes

Le Comité a appelé à deux autres manifestations nationales depuis le 21 novembre, mais il ne s'associe pas aux manifestations plus modestes qui ont lieu chaque jour à Bogota, Medellin ou Cali.

Lors d'une première réunion infructueuse entre le gouvernement et le Comité le 26 novembre, les représentants des manifestants avaient présenté un éventail de 13 requêtes, allant du retrait d'un projet de réforme fiscale au respect de l'accord de paix avec l'ex-guérilla des Farc de 2016.

Les manifestants réclament aussi un changement de la politique libérale d'Ivan Duque, plus de moyens pour le secteur éducatif, mais aussi que soit mis fin aux assassinats de militants communautaires. Quatrième économie d'Amérique latine, la Colombie est l'un des pays les plus inégalitaires du continent. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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