Bâle: Manque de personnel, les Allemands à la rescousse

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BâleManque de personnel, les Allemands à la rescousse

Envoyés en renfort au Tessin, les gardes-frontières ne sont pas assez nombreux à Bâle. A la frontière nord-ouest, on compte donc sur l'aide des voisins.

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dmz/ats
Les gardes-frontières sont en manque d'effectifs, surtout à Bâle.

Les gardes-frontières sont en manque d'effectifs, surtout à Bâle.

photo: Keystone/Gaetan Bally

Pendant la première semaine de juillet, les gardes-frontières ont recensé 1300 entrées illégales au Tessin. La porte d'entrée sud du pays est la plus prisée, en particulier par ceux qui arrivent depuis l'Afrique, via l'Italie. Si bien qu'une partie des gardes-frontières en poste dans la région bâloise ont été envoyés en renfort en Suisse italienne.

Corollaire de cette situation, les entrées illégales à la frontière du nord-ouest ont passé de 40 en mai-juin à 130 en juillet, révèle la «Schweiz am Sonntag». Du coup, les douaniers bâlois ont appelé aux secours leurs collègues allemands, rapporte le dominical. David Marquis, porte-parole de l'Administration fédérale des douanes, explique que la collaboration englobe des patrouilles mixtes et des ratissages de la zone frontalière en hélicoptère. Helmut Mutter, porte-parole de la police fédérale allemande, parle de 40 agents qui ont pour mission de soulager les Suisses. Et il ne s'agit pas uniquement de spécialistes. «Un bon tiers vient des effectifs de la police anti-émeute du Bade-Wurtemberg», conclut le policier.

Soutien de l'armée

Depuis 2011, le nombre de gardes-frontières n'a cessé d'augmenter en Suisse. Un rapport adopté par le Conseil fédéral faisait état de 2073 postes permanents, en mai 2016. Un nombre qui ne satisfait pas les commissions de politique de sécurité des deux chambres, qui ont suivi une initiative déposée par le canton de Bâle-Campagne. Un texte demandant de nouveaux engagements est en cours de rédaction.

En attendant, Berne a autorisé les gardes-frontières à repourvoir 48 postes cette année. Et, à terme, 84 postes devraient être créés. Une évolution pas assez rapide pour le conseiller national Sebastian Frehner (UDC/BS), qui comme bon nombre de ses collègues de partis, demande une intervention de l'armée. «Le seul moyen», selon lui, «d'éteindre l'incendie» aux frontières, en particulier au Tessin.

Des centaines de personnes bloquées à Côme

Depuis un mois, près de 400 personnes, refoulées à la douane de Chiasso (TI), sont bloqués dans le nord de l'Italie, à Côme. Encore loin de devenir la nouvelle jungle de Calais, la ville lombarde doit toutefois composer avec ces nouveaux arrivants, souvent très jeunes.

L'aide s'organise. Elle vient de volontaires italiens et suisses, qui, une fois par jour, nourrissent ces migrants pour la plupart originaires de la Corne de l'Afrique et qui ont déjà déposé une demande d'asile en Italie. «Nous offrons un plat unique, du pain et un fruit. Si les dons en nature que nous recevons chaque jour nous le permettent, nous complétons par quelques douceurs, indique à l'ats Luana Papagno, une des bénévoles de l'Association Firdaus, fondée il y a deux ans par l'éducatrice et députée socialiste au Grand Conseil tessinois Lisa Bosia Mirra. «Les premiers jours, les requérants se jetaient sur la nourriture, c'était un vrai chaos!», raconte pour sa part la politicienne. Des règles ont été fixées: les femmes et les enfants d'abord puis les hommes. Il y en a dès lors toujours eu pour tout le monde».

Sur l'autoroute

Selon les volontaires, environ 80 mineurs font partie des refoulés. Un enfant de 11 ans est même porté disparu depuis vendredi dernier. «Vendredi un adolescent de 16 ans a été refoulé pour la quatrième fois alors que son frère résidant en Argovie et au bénéfice d'un permis B était venu le chercher et avait assuré qu'il pouvait pourvoir à son maintien. Quelque chose ne joue pas», conclut amèrement Lisa Bosia Mirra.

Fin juillet, les autorités italiennes reprochaient d'ailleurs à la Suisse de faire du zèle. Et les migrants n'abandonnent pas pour autant. Certains d'entre eux utilisent même l'autoroute pour tenter d'entrer en Suisse. C'est pourquoi les automobilistes tessinois sont appelés à la prudence.

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