Actualisé 11.09.2008 à 11:07

Deux ans avec sursisMarc Roger obtient le sursis et retrouve la liberté

Marc Roger a été condamné mercredi à deux ans de prison avec sursis pour sa responsabilité dans la faillite du Servette FC.

L'ex-boss du club grenat retrouve du même coup la liberté. Il aura passé près de 22 mois en détention préventive.

La Cour correctionnelle de Genève a reconnu Marc Roger coupable de gestion fautive et de faux dans les titres. Elle a souligné les «dépenses inconsidérées» faites par l'ancien agent de joueurs français alors qu'il était à la tête du Servette FC. Ce comportement irresponsable a généré des pertes «abyssales».

En résumé, le jury a estimé que Marc Roger avait «contrevenu à ses devoirs de patron». Il a aussi condamné le Français pour avoir présenté un plan d'assainissement du club genevois falsifié qui aura permis au Servette FC de sortir du surendettement et d'obtenir en 2004 la licence de jeu auprès de la Ligue suisse de football.

Piètre dirigeant

La Cour correctionnelle a rappelé que les agissements de Marc Roger ont causé d'importants dégâts, tant auprès des créanciers du club que des joueurs. Certains footballeurs ont vu leur carrière brisée après leur passage chaotique au Servette, d'autres ont connu des reconversions difficiles.

Selon le jury, dans cette affaire, Marc Roger a été mu par des motifs égoïstes: l'ambition et la reconnaissance sociale. Excellent agent de joueurs, il s'est révélé piètre dirigeant de club. Il a poursuivi ses agissements pendant presque une année, malgré les signaux de détresse qui se multipliaient.

Sursis aussi pour les autres accusés

Les deux autres accusés qui comparaîssaient pour leur rôle dans la faillite du Servette FC ont également obtenu des peines avec sursis. L'ancien administrateur du club Olivier Maus ainsi que Marguerite Fauconnet, l'avocate de Marc Roger lors de son époque servettienne ont été condamnés à des jours-amende.

Olivier Maus, reconnu coupable de gestion déloyale, a eu le tort d'avoir «valider le projet de Marc Roger» sans effectuer les contrôles nécessaires. Il a failli à ses devoirs d'administrateur et n'a pas su réagir «quand les indicateurs sont passés au rouge», a relevé la Cour correctionnelle.

Le richissime homme d'affaires, héritier d'une des plus grosses fortune de Genève, a commis l'erreur d'avoir eu «une confiance aveugle» en Marc Roger. Il a vu l'agent de joueurs français comme «le sauveur de son club fétiche». Pour ces fautes, la Cour l'a condamné à 240 jours-amende à 2000 francs par jour avec sursis.

L'avocate parisienne Marguerite Fauconnet, considérée comme le bras droit de Marc Roger, a pour sa part été condamnée à 300 jours- amende à 300 francs par jour avec sursis pour faux dans les titres. Le jury a considéré qu'elle avait eu un rôle prépondérant dans l'établissement du bilan fictif d'assainissement du club.

La fin d'une épreuve

Pour Marc Roger, le verdict de la Cour correctionnelle de Genève met fin à une épreuve difficile. L'ancien président du Servette FC a effectué 22 mois de détention préventive, en grande partie en raison de son comportement durant la procédure. Le patron déchu de la maison grenat a voulu jouer au plus malin avec la justice.

Arrêté en mars 2005 à Genève, Marc Roger avait été libéré sous caution en juillet de la même année. Réfugié en France, il ne s'était plus présenté aux audiences d'instruction. Il a ensuite été interpellé en Espagne, puis il a été extradé en Suisse en février 2007 au terme d'une longue procédure.

Marc Roger ne pourra en principe pas demander des indemnités pour les mois qu'il a passés enfermé. «Il aurait pu le faire s'il avait été acquitté, mais il a été condamné», a expliqué Robert Assaël, l'un de ses avocats. Le Français a cependant toujours la possibilité de faire appel à sa condamnation.

(ap)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!