série: Marchal: «La noirceur est mon fond de commerce»
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sérieMarchal: «La noirceur est mon fond de commerce»

Olivier Marchal, metteur en scène de «36, quai des Orfèvres», a réalisé «Braquo», une série choc pour Canal+. Interview.

par
Anne-Catherine Renaud

– 20minutes online. Vous qui êtes un ex-policier, dites-nous si les policiers sont tous névrosés comme dans «Braquo»?

– Olivier Marchal. Non, il faut remettre les choses à leur place. Même si je m'inspire de mon vécu, je ne fais pas de l'hyperréalisme. Le fond de l'histoire est vrai mais, en ce qui concerne la forme, je fais du spectacle. La noirceur est mon fond de commerce.

– Qu'aviez-vous envie de dire sur la police à travers cette série?

– D'abord mon amour pour les flics. Aujourd'hui, ils bossent sans filet. On leur demande de faire des bons chiffres, mais ils sont sans protection. Même leur hiérarchie leur tire dans les pattes.

– Jean-Hugues Anglade, qui joue Caplan, le héros, est méconnaissable. Plutôt androgyne, il apparaît très viril. Il vous ressemble...

– C'est vrai. Je voulais que Caplan ait une allure guerrière, d'ours mal léché. Jean-Luc a côtoyé des flics pendant des mois. Un jour, il a dit sur le tournage: «Je me suis fait la tête d'Olivier.» Il a réalisé une sorte de transfert. Mais son regard doux sauve le personnage et le rend plus humain car Caplan, pris dans l'engrenage de la violence, nous fait avaler des couleuvres.

– Êtes-vous un homme sinistre dans la vie?

– J'ai grandi en lisant des polars et j'ai un penchant pour la tragédie. Mais je suis un épicurien qui élève ses quatre enfants avec une angoisse permanente. Je me définis comme un pessimiste joyeux.

«Braquo», dès le lundi 12 octobre à 20h50 sur Canal + (en crypté).

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