Proche-Orient - Marche de l’extrême droite à Jérusalem-Est: affrontements évités
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Proche-Orient Marche de l’extrême droite à Jérusalem-Est: affrontements évités

La controversée «marche des drapeaux» s’est déroulée mardi dans la ville sainte. Malgré quelques heurts, les violences redoutées entre militants nationalistes et Palestiniens n’ont pas eu lieu.

La marche commémore «Yom Yerushalaim» ou «la journée de Jérusalem», soit l’anniversaire pour les Israéliens de la «réunification» de la Ville sainte après son occupation en 1967. 

La marche commémore «Yom Yerushalaim» ou «la journée de Jérusalem», soit l’anniversaire pour les Israéliens de la «réunification» de la Ville sainte après son occupation en 1967.

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Sous haute surveillance policière, plus d’un millier de militants nationalistes et de l’extrême droite israéliens ont défilé mardi à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé de la Ville sainte, sans toutefois mener aux affrontements craints par le gouvernement et une partie de la communauté internationale.

Devant la porte de Damas

Les Etats-Unis et l’ONU avaient appelé à la «retenue» avant cette marche controversée que le nouveau gouvernement israélien de Naftali Bennett, en fonction depuis dimanche, avait autorisé tout en balisant son tracé pour éviter des confrontations avec les Palestiniens.

Au final, les manifestants, parmi lesquels les ténors de l’extrême droite Itamar Ben Gvir et Betzalel Smotrich, ont traversé de Jérusalem-Ouest à Jérusalem-Est et se sont rendus sur la place devant la porte de Damas, donnant sur le quartier musulman de la Vieille Ville où se trouve l’Esplanade des mosquées.

«Le peuple éternel ne craint pas un long chemin», ont chanté les manifestants, agitant des drapeaux israéliens bleu et blanc. Des cris de «Mort aux Arabes (Palestiniens, ndlr)" ont percé de la foule, selon une équipe de l’AFP sur place.

«Nous voulons montrer que nous avons le droit aussi, en tant que Juifs, en tant qu’Israéliens, de marcher sur chaque centimètre de cette ville», a déclaré à l’AFP Judah Powers, 24 ans.

Avant la «marche des drapeaux», la police a fermé des artères menant à la Vieille ville et bloqué l’accès des Palestiniens à la place devant la porte de Damas, ce qui a donné lieu à des heurts ayant fait au total une trentaine de blessés palestiniens, selon les secouristes. La police a fait état de 17 arrestations.

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Des députés arabes israéliens venus sur place ont dénoncé la marche israélienne comme une «provocation». «Le seul drapeau légitime ici à Bab al-Amoud (porte de Damas) et à Jérusalem-Est est le drapeau palestinien. Le drapeau israélien ici est un symbole de l’occupation», a déclaré le député Ahmed Tibi.

Ennemi juré d’Israël, le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir dans l’enclave de Gaza, avait lui menacé de réagir si la marche traversait le quartier musulman.

«Répercussions dangereuses»

La marche commémore «Yom Yerushalaim» ou «la journée de Jérusalem», soit l’anniversaire pour les Israéliens de la «réunification» de la Ville sainte après son occupation en 1967 selon le calendrier hébraïque, synonyme toutefois pour les Palestiniens de l’occupation et de l’annexion par Israël de Jérusalem-Est. Cette annexion est jugée illégale au regard du droit international.

La marche devait initialement se tenir le 10 mai dans la foulée de manifestations dans le quartier de Cheikh Jarrah à Jérusalem-Est, où des familles palestiniennes sont menacées d’éviction au profit de colons juifs, et de heurts entre Palestiniens et policiers israéliens sur l’esplanade des Mosquées.

Mais le Hamas avait ce jour-là lancé des roquettes vers Israël en solidarité avec les Palestiniens de Jérusalem-Est. Ces tirs, et la réplique musclée de l’armée israélienne, ont donné lieu à une guerre de 11 jours entre le Hamas au pouvoir à Gaza et Israël.

Après la fin de la guerre, les organisateurs ont décidé de remettre la marche au calendrier.

Lundi, le nouveau ministre de la Sécurité intérieure, Omer Bar-Lev, a donné son accord pour maintenir la manifestation malgré des appels à l’annuler, le Premier ministre palestinien Mohammad Shtayyeh mettant en garde contre de «dangereuses répercussions».

«Jour de la colère»

«Le droit de manifester est un droit pour tous en démocratie», a indiqué Omer Bar-Lev, disant à la fois vouloir «préserver le tissu délicat de la coexistence» pour ce premier test depuis le vote de confiance dimanche au nouveau gouvernement, qui a évincé Benjamin Netanyahu du pouvoir.

Face à la marche, des factions palestiniennes y compris le Hamas, ont appelé à une «journée de colère» dans les territoires palestiniens. Des heurts ont eu lieu près de Ramallah et Bethléem en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël, ont constaté des photographes de l’AFP.

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Depuis Gaza sous blocus israélien, des ballons incendiaires ont été lancés en direction du sud d’Israël, les services de pompiers israéliens faisant d’ailleurs état d’une vingtaine d’incendies liés à ces projectiles.

Selon le Hamas, les «médiateurs» oeuvrant à un cessez-le-feu durable avec Israël ont demandé aux factions palestiniennes de «ne pas s’engager dans une escalade militaire sur la base de la marche des drapeaux».

(AFPE)

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