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Espagne«Marche pour la dignité» émaillée par la violence

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé samedi, à Madrid, pour protester contre le chômage élevé et les mesures d'austérité du gouvernement espagnol.

Certains avaient traversé l'Espagne ou parcouru à pied des centaines de kilomètres pour dénoncer «l'urgence sociale». Agitant des drapeaux de toutes les régions du pays, des dizaines de milliers de personnes ont afflué samedi à Madrid à l'arrivée des «marches de la dignité».

Des incidents ont éclaté à la fin de la manifestation, faisant 27 blessés, dont un policier grièvement atteint, tandis que 17 personnes ont été interpellées, a annoncé la police.

Des affrontements ont éclaté au moment de la dispersion de la manifestation, la police chargeant ou tirant avec des balles en caoutchouc contre plusieurs dizaines de jeunes qui jetaient des projectiles.

Les jeunes ont également monté des barricades, enflammé des poubelles, cassé les vitres de banques à coups de chaises et de pots de fleurs.

20 policiers ont été blessés, dont l'un a été hospitalisé dans un état grave, ainsi que sept manifestants, a indiqué un porte-parole de la police.

17 manifestants ont été interpellés pour «agression à policiers, jets de pierres et autres objets et vandalisme», a-t-il précisé.

300 organisations

Certains manifestants étaient arrivés dans la capitale en huit colonnes, après avoir marché pendant près d'un mois, depuis l'Andalousie, dans le sud, la Catalogne, dans l'est, les Asturies, dans le nord-ouest, ou l'Estrémadure, dans l'ouest.

«Ni chômage, ni exil, ni précarité. Des marches, des marches, des marches pour la dignité», hurlaient des jeunes, nombreux dans la manifestation, juchés sur une camionnette à ciel ouvert.

«Ce sera une marée citoyenne qui va remplir de dignité la capitale», avait promis Diego Cañamero, porte-parole du syndicat andalou des travailleurs, l'une des 300 organisations présentes.

«L'idée, c'est d'unir toutes les forces autour d'un objectif : soit le gouvernement répond à nos revendications, soit il doit faire ses valises», disait-il.

Quelque 1700 policiers sur place

Et de multiples organisations citoyennes, associations, groupes de la mouvance des «indignés» ou collectifs professionnels appelaient à manifester. Une mobilisation rappelant les grands défilés qui avaient marqué la poussée de fièvre sociale, retombée depuis, qui a agité l'Espagne en 2011 et 2012.

Les organisateurs ont annoncé que des centaines d'autocars et au moins quatre trains avaient été affrétés dans plusieurs régions d'Espagne. Les autorités régionales ont elles mobilisé quelque 1700 policiers pour assurer la sécurité, craignant des incidents en raison de la présence attendue de groupes antisystème.

Dès le milieu de journée, des cortèges s'étaient constitués aux entrées de Madrid, d'où émergeaient des pancartes portant notamment comme revendications «des retraites justes» ou «pour le droit à un toit».

Deux grèves

L'austérité sans précédent appliquée par le gouvernement conservateur depuis son arrivée fin 2011 pour réduire les déficits publics et la dette de l'Espagne a donné lieu à deux grèves générales en 2012 avec des centaines de milliers de personnes dans la rue.

La mobilisation s'est ensuite essoufflée, dans un pays qui connaît la récession, un chômage record et un plan d'économies de 150 milliards d'euros sur trois ans annoncé en 2012.

Pourtant, s'ils ne descendent pas dans la rue, les Espagnols ont montré dans les sondages leur rejet de la politique d'austérité.

«En 2014, nous sommes face à une situation extrêmement difficile, une situation limite, d'urgence sociale, qui exige une réponse collective et massive des salariés, des citoyens et du peuple», affirmaient les organisateurs. (ats/afp)

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