Bourses européennes: Marchés à la hausse mais l'horizon économique s'assombrit
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Bourses européennesMarchés à la hausse mais l'horizon économique s'assombrit

Les Bourses européennes sont reparties à la hausse vendredi, au terme d'un mois d'octobre qui restera celui d'une crise financière historique.

L'horizon économique continue néanmoins de s'assombrir, avec un cortège de mauvais résultats d'entreprises.

La Bourse suisse a fait particulièrement fort, gagnant 5,32%. Mais le rebond a aussi été net sur toutes les grandes places européennes: Francfort a clôturé à &2,44%, Paris à &2,33%, Londres à &2%, Milan à &2,88%, Amsterdam à &3,90% et Madrid à &3,32%.

Au lendemain de l'annonce d'une chute du produit intérieur brut américain de 0,3% au 3e trimestre, Wall Street s'affichait également en hausse, le Dow Jones gagnant 1,92% vers 17H30 GMT (18H30 HEC) et le Nasdaq 1,82%. Exception à la tendance haussière: Sao Paulo était en baisse (-1,83%) à la mi-journée. En Asie, Tokyo avait clôturé à -5,01%.

Le marché se cherche

«Le système financier commence à mieux fonctionner et cela aide vraiment le marché aujourd'hui», a souligné Owen Fitzpatrick, de Deutsche Bank. Reste qu'un autre mauvais chiffre est cependant venu confirmer la baisse de la consommation américaine: les dépenses de consommation des ménages de septembre, en recul de 0,3% par rapport au mois précédent. C'est la baisse la plus forte depuis juin 2004.

«Le marché se cherche un peu. Il y a quelques chasses aux bonnes affaires, mais aussi des vendeurs qui cherchent à équilibrer leurs portefeuilles», a expliqué Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management à New York. «Il va falloir attendre lundi et mardi, et un nouveau mois, pour voir si l'argent va affluer ou s'il va refluer» sur le marché, a ajouté l'analyste.

Sur le mois, les trois grandes places européennes et New York ont perdu de 15% à 17%. Tokyo, qui sera fermé lundi pour cause de jour férié, a perdu 25% en octobre. Depuis le début de l'année, les principales Bourses mondiales ont perdu de 30% à 40%.

Signes de récession

Les répercussions se font sentir dans les données macroéconomiques comme chez les entreprises. Des grands noms de l'industrie ou de la finance comme Nissan, Motorola, BASF ou American Express ont annoncé des suppressions d'emplois par milliers, menaçant d'accélérer la chute de l'économie vers la récession.

L'Allemagne a publié vendredi une baisse plus forte que prévu des ventes de détail en septembre (-2,3% par rapport à août), révélant que la consommation ne serait pas le moteur d'une reprise de la première économie européenne. Et elle prévoit d'injecter 20 à 25 milliards d'euros dans des mesures de soutien à la conjoncture sur les deux années à venir.

L'Espagne, particulièrement touchée par la crise de l'immobilier, a vu son économie plonger dans le rouge au troisième trimestre avec un produit intérieur brut (PIB) en baisse de 0,2% par rapport au trimestre précédent.

Mercredi, la Fed avait annoncé un abaissement d'un demi-point, à 1,0%, de son principal taux directeur. La Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d'Angleterre ont laissé entendre qu'elles pourraient prochainement assouplir aussi leur politique monétaire.

Mais ces mesures gouvernementales n'ont pas d'effet immédiat sur l'économie. Signe de la déprime des investisseurs, les cours du pétrole sont repartis à la baisse, le baril s'échangeant à 64,39 dollars à l'ouverture à New York, en baisse de 1,57 dollar.

La mauvaise santé de l'économie s'exprime aussi dans les résultats des entreprises, dont beaucoup revoient à la baisse leurs prévisions de résultats.

A Paris, le leader mondial des cosmétiques L'Oréal détenu à plus d'un quart par Nestlé a annoncé un recul de ses ventes au troisième trimestre, une révision à la baisse de ses objectifs et la fermeture de deux usines en Europe, pour la première fois «depuis de très nombreuses années».

(ats)

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