Espagne: Marchés publics truqués: 51 arrestations
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EspagneMarchés publics truqués: 51 arrestations

Une cinquantaine de personnes ont été arrêtées dans le cadre d'une vaste opération anti-corruption portant sur des marchés publics au niveau municipal et régional, d'une valeur de près de 250 millions d'euros.

L'affaire a touché des élus locaux du Parti populaire (PP conservateur) au pouvoir comme du Parti socialiste (PSOE) qui ont tous deux annoncé qu'ils suspendaient leurs adhésions.

L'opération ayant conduit à l'arrestation de 51 personnes vise «un réseau de corruption (...) dans plusieurs mairies et régions autonomes», notamment Madrid, Murcie, Valence (est) ainsi que Leon (centre), a précisé le Parquet anticorruption dans un communiqué.

Cinq autres personnes ont été convoquées aux fins de mise en examen dans ce dossier concernant des élus municipaux, des fonctionnaires, et des «chefs d'entreprise» dans les secteurs de la construction et de l'énergie, soupçonnés d'avoir remporté «des contrats publics d'une valeur d'environ 250 millions d'euros en seulement deux ans» en échange de commissions occultes.

L'Audience nationale de Madrid, juridiction pénale spécialisée dans le traitement d'affaires complexes, instruisait depuis le mois de juin ce dossier impliquant notamment des délits de «blanchiment», de «corruption», des «malversations» et du «trafic d'influence», selon la même source.

L'enquête avait été ouverte après réception d'une commission rogatoire suisse motivée «par de lourds soupçons de blanchiment», précise le parquet.

Parmi les détenus figure notamment l'ancien numéro deux du gouvernement régional conservateur de Madrid, Francisco Granados et ancien secrétaire général dans cette région du Parti populaire (PP, droite), au pouvoir en Espagne, a indiqué à l'AFP une source judiciaire.

Egalement ancien sénateur, Francisco Granados avait renoncé à ses mandats en février, après des révélations du journal El Mundo affirmant qu'il avait placé 1,5 million d'euros en Suisse.

La corruption figure à la deuxième place des sujets inquiétant le plus les Espagnols, après le chômage (24% de la population active) selon le dernier baromètre mensuel du Centre public d'enquêtes sociologiques (CIS), qui montre une hausse constante de ce pourcentage depuis deux ans.

Cette opération montre que «l'Etat de droit fonctionne», a réagi le ministre de la Justice Rafael Catala.

Après des années de manifestations et d'indignation populaire, le Parti populaire au pouvoir s'est engagé à promouvoir une législation pour renforcer la lutte contre la corruption, à un an des élections législatives et sept mois des prochaines municipales en Espagne.

Pour ces élections, le parti Podemos, issu du mouvement des indignés et situé à la gauche du Parti socialiste arrive d'ailleurs en deuxième position avec 24,1% des suffrages devant celui-ci (23,7%) et après le Parti populaire (28,8%), selon un sondage de l'entreprise Sigma Dos sur les intentions de vote aux prochaines élections législatives publié dimanche. (afp)

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