Actualisé 16.01.2015 à 12:57

Neuchâtel

Mariée à un Suisse et pauvre, elle risque le renvoi

L'épouse russe d'un Neuchâtelois vient d'apprendre qu'elle pourrait perdre son titre de séjour car elle est à l'aide sociale.

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«Lorsqu'une personne est durablement à l'aide sociale, le canton peut être amené à ne pas renouveler le titre de séjour, qui a été explicitement accordé sous condition que la personne subvienne à ses propres besoins», explique le conseiller d'Etat Jean-Nath Karakash dans les colonnes de «L'Express», vendredi. Cette disposition de la Loi fédérale sur les étrangers, Elena Wroblevski, 35 ans, vient tout juste de s'y heurter frontalement. Mariée à un Suisse depuis 2010, elle a reçu il y a quelques jours un courrier des autorités neuchâteloises lui annonçant qu'elles examinaient ses conditions de séjour «dans le but de nous prononcer sur l'éventuelle prolongation de votre permis B».

En Suisse depuis 2008, Elena Wroblevski est d'abord venue pour apprendre le français, munie d'un visa d'étudiante, avant de rencontrer l'amour. Titulaire d'un diplôme universitaire russe de commerce, elle assure avoir recouru au revenu d'insertion à la demande du Service social qui craignait que le ménage n'arrive pas à tourner sans cette aide financière. Souvent éconduite par les employeurs, elle ne gagne qu'un maigre pécule grâce à ses deux petits jobs d'enseignante de russe. Quant à son époux, il souffre d'une maladie rare, pour laquelle il touche une rente d'invalidité à 50%.

Selon le ministre Jean-Nath Karakash, la lettre envoyée à Elena, adressée à tous les étrangers qui touchent le revenu d'insertion, vise surtout à les sensibiliser aux risques qu'ils encourent s'ils demeurent durablement de l'aide sociale. Si un étranger marié à un Suisse peut théoriquement être privé de titre de séjour, le conseiller d'Etat indique que cela n'arrive pas dans la pratique. En revanche, il est déjà arrivé qu'un couple d'étrangers dépendant de l'aide sociale soit renvoyé.

Recalée à cause de sa nationalité

En mai dernier, la candidature d'Elena pour un poste d'enseignante de la langue russe refusée par le directeur d'une école privée lausannoise. Motif: l'établissement ne voulait pas engager une personne venant d'«un pays qui provoque et attise une guerre civile et dont le président ment et ne respecte pas le droit.»

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