France: Marine Le Pen demande l'asile politique
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FranceMarine Le Pen demande l'asile politique

La dirigeante du Front National, Marine Le Pen, a demandé lundi que la France accorde l'asile politique à l'ancien agent de la CIA Edward Snowden.

Selon la députée européenne, le jeune consultant «doit être mis en sécurité au plus vite» car il «a eu le courage et l'immense mérite de révéler à l'humanité une menace très grave contre la démocratie et nos libertés publiques».

Marine Le Pen a plutôt pour habitude de dénoncer l'asile dans ses discours contre l'immigration. Durant la campagne présidentielle, elle prônait une division par cinq en cinq ans du nombre de réfugiés accueillis en France.

Des élus américains ont réclamé lundi l'extradition d'Edward Snowden, réfugié à Hong Kong d'où il a révélé être la source de fuites sur le programme américain de surveillance électronique PRISM. Ce système permet à l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) de surveiller les internautes à l'étranger. Marine Le Pen s'était déjà émue samedi de ces révélations et avait demandé au gouvernement d'exiger de Washington les «explications nécessaires».

En Islande?

Edward Snowden a déclaré qu'il envisageait de demander l'asile politique en Islande, pays le plus proche de ses opinions quant à la liberté d'expression sur Internet.

L'Islande a indiqué lundi n'avoir reçu aucune demande de Snowden et a rappelé que toute personne qui souhaitait obtenir l'asile politique devait d'abord venir sur son territoire.

Les renseignements plus contrôlés

La présidence française a annoncé lundi un renforcement du contrôle gouvernemental et parlementaire des services de renseignement, encore embryonnaire, alors que le débat fait rage comme aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne sur les lacunes ou les excès des «services».

Selon le communiqué de l'Elysée, une «inspection des services de renseignement» verra prochainement le jour, même si la présidence n'en a précisé ni les modalités de fonctionnement, ni la composition, ni même les prérogatives.

Pour Jean-Jacques Urvoas, président socialiste de la commission des Lois de l'Assemblée nationale, il s'agit d'une «décision très utile», le gouvernement n'ayant jusqu'à présent d'autre solution que de «s'en remettre à la loyauté de ses fonctionnaires» alors que «l'histoire des services a montré dans le passé qu'elle pouvait être lacunaire».

L'Elysée a indiqué en outre que «le contrôle parlementaire des services de renseignement sera renforcé à travers l'élargissement des prérogatives de la délégation parlementaire au renseignement», sans davantage de détails non plus.

Ces ouvertures interviennent alors que l'efficacité de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a été mise en cause dans l'affaire du djihadiste français Mohamed Merah, qui a tué sept personnes en mars 2012 dans le sud-ouest de la France et n'avait pas été surveillé de près en dépit de voyages au Pakistan.

La communauté française du renseignement compte près de 11'000 collaborateurs. Les principaux services sont, outre la DCRI, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), la Direction du renseignement militaire (DRM) et la Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD). (afp)

Londres agit dans le «cadre légal»

Le Premier ministre britannique David Cameron a affirmé lundi que les agences de renseignement au Royaume-Uni «agissaient dans le cadre de la loi», en réponse à des allégations selon lesquelles elles l'auraient contourné pour obtenir des données personnelles.

Les agences britanniques du renseignement «agissent dans le cadre de la loi (...). Elles font l'objet d'un examen approfondi de la part de la commission parlementaire chargée de la sécurité», a déclaré M. Cameron lors d'une visite dans le nord-est de Londres. «Cet examen est essentiel et j'y veille», a ajouté le leader conservateur.

Interrogé spécifiquement sur les allégations selon lesquelles le Royaume-Uni aurait eu accès au programme d'espionnage américain des communications Prism, au coeur d'un énorme scandale aux États-Unis, il a répondu : «Je ne peux pas faire de commentaire sur des questions relatives au renseignement».

Selon le journal britannique The Guardian, le centre britannique des écoutes, le GCHQ, aurait eu accès «depuis au moins juin 2010» à Prism, mis au point secrètement par les services de renseignement américains.

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