Parlement européen: Marine Le Pen refuse de restituer 300'000 euros

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Parlement européenMarine Le Pen refuse de restituer 300'000 euros

Le Parlement européen réclame à la dirigeante du FN cette somme pour avoir rémunéré comme assistante parlementaire son ex-secrétaire puis cheffe de cabinet.

Si elle ne paie pas les 300'000 euros, Marine Le Pen pourrait se voir retirer la moitié de son salaire et de ses indemnités journalières.

Si elle ne paie pas les 300'000 euros, Marine Le Pen pourrait se voir retirer la moitié de son salaire et de ses indemnités journalières.

Keystone

Marine Le Pen a annoncé qu'elle ne rembourserait pas près de 320'000 francs que le Parlement européen lui réclame d'ici mardi soir pour avoir rémunéré comme assistante parlementaire Catherine Griset à une époque où celle-ci était la secrétaire, puis la cheffe de cabinet de la dirigeante du Front national (FN). Son refus pourrait avoir de lourdes conséquences.

«Je ne me soumettrai pas à la persécution, à cette décision unilatérale prise par des adversaires politiques avec exécution provisoire en violation de l'Etat de droit, des droits de la défense, sans preuves et sans attendre que la justice que j'ai saisie ne se prononce au fond», a-t-elle déclaré à Reuters.

La présidente du groupe Europe des nations et des libertés (ENL) a déposé récemment une plainte auprès du parquet de Bruxelles pour «faux intellectuel» visant la directrice de l'Office européen de lutte antifraude (Olaf) et le secrétaire général du Parlement européen, Klaus Welle. Elle concerne l'enquête sur des soupçons de fraude relative à l'emploi d'assistants parlementaires du FN au Parlement européen.

Son avocat, Me Marcel Ceccaldi, dénonce une présumée «collusion» entre le Parlement européen et l'Olaf, dont il demande à voir le rapport. Le parquet de Paris a ouvert le 15 décembre dernier une information judiciaire pour abus de confiance et recel de ce délit, escroqueries en bande organisée, faux et usage de faux, et travail dissimulé dans l'enquête sur ces soupçons de fraude relative à l'emploi par le FN d'assistants parlementaires.

Une «première»

Faute de s'être acquittée de la somme réclamée par une lettre envoyée par le Parlement mi-décembre, la candidate à la présidentielle pourrait se voir retirer la moitié de son salaire et de ses indemnités journalières, ainsi que la totalité de ses frais généraux, indique une source proche du Parlement européen.

La somme précise, 298'392 euros, charges sociales et fiscales incluses, correspond à l'emploi de Catherine Griset comme attachée parlementaire entre décembre 2010 et mi-février 2016. Une seconde lettre de recouvrement a été adressée à la présidente du Front national, pour un montant de 41'554 euros correspondant à l'emploi comme assistant parlementaire de son garde du corps, en octobre et novembre 2011. L'échéance est fixée à fin février.

«L'administration du Parlement a eu plusieurs entretiens avec Marine Le Pen pour qu'elle se justifie, mais ses arguments n'ont pas convaincu», a confié la source à Reuters. L'Olaf a été saisi en mars 2015 par le Parlement européen de soupçons de fraudes relatives aux conditions d'emploi de vingt assistants parlementaires du Front national.

L'affaire était alors qualifiée par un porte-parole du Parlement de «première» à cette échelle dans l'histoire de l'institution. Trois des nouveaux eurodéputés du Front national élus en 2014 ont d'ores et déjà été invités à rembourser et se voient prélever depuis septembre 2016 la moitié de leur salaire chaque mois. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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