Actualisé 27.07.2014 à 09:43

France

«Marine m'a égratigné le coeur»

Jean-Marie Le Pen perdrait de l'altitude au sein du parti qu'il a lui-même créé, avant de le céder à sa fille. Ses nombreux dérapages publics ont eu raison de la patience de Marine.

de
Amèle Debey
Un froid s'est installé dans le clan le plus controversé de France.

Un froid s'est installé dans le clan le plus controversé de France.

Rien ne va plus au sein du FN. Depuis que son président d'honneur a évoqué son envie de «faire une fournée» avec des chanteurs pop, dont Patrick Bruel, de confession juive, le malaise est palpable.

Marine Le Pen s'acharne à redorer l'image d'un parti longtemps considéré comme marginal, et les petites libertés que s'offre son paternel ne sont pas pour la réjouir. Elle a donc pris ses distances avec lui, jusqu'à lui interdire la diffusion de son «Journal de bord» sur le site officiel du Front National.

«Ça m'a un peu touché, a-t-il confié dans un entretien publié dimanche par le «Nouvel Observateur». Elle m'a égratigné le c½ur.»

Depuis quelques mois, les rapports sont donc tendus au sein du clan le plus controversé de France, mais les différends qui opposent le père et la fille ne datent pas d'hier. Déjà en mai, les propos de Jean-Marie Le Pen sur le virus Ebola - qui pourrait, selon lui, «régler l'explosion démographique en Afrique» - avaient allumé la mèche.

«Tu ne pouvais pas fermer ta grande gueule?» aurait asséné Marine à son père, devant un dirigeant du FN. Une liberté de parole que le patriarche n'avale pas: «On a négligé le formalisme, déplore-t-il. Pourtant, ce n'est pas un luxe, c'est une exigence, méthodologique, protectrice des libertés.»

Si les rapports familiaux seraient propices à l'accalmie, les confrontations politiques sèment la zizanie. Dans ses efforts pour se désolidariser de son père, Marine Le Pen finit par prendre le large, ce qui ne présage rien de bon pour le chef de famille.

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