Marion Jones craque
Actualisé

Marion Jones craque

Devant un tribunal de l'Etat de New York, la triple championne olympique a plaidé coupable vendredi d'avoir menti aux enquêteurs fédéraux américains lorsqu'elle a nié s'être dopée.

A sa sortie du tribunal, elle s'est effondrée en larmes en présentant ses excuses, disant comprendre la déception de ses proches. «Je les ai laissés tomber, j'ai laissé tomber mon pays, et je me suis laissée tomber moi-même. C'est avec une grande honte que je me présente devant vous et vous dis que j'ai trahi votre confiance», a-t-elle lancé.

«Je veux que vous sachiez que j'ai été malhonnête et vous avez le droit d'être fâchés contre moi», a-t-elle déclaré, s'arrêtant fréquemment pour reprendre ses esprits, sa mère à ses côtés et annonçant qu'elle quittait l'athlétisme.

«Je reconnais que dire que je suis profondément désolée n'est peut-être pas assez par rapport à la souffrance et à la peine que je vous ai causées. Je veux donc vous demander pardon pour mes actes, et j'espère que vous pourrez me pardonner».

«J'ai demandé à Dieu de me pardonner», a-t-elle poursuivi. «Ayant dit cela et en raison de mes actions, je me retire de l'athlétisme, un sport que j'aime profondément», a-t-elle alors déclaré. Elle a promis que ces événements «seraient utilisés dans le but d'améliorer les vies de beaucoup de personnes». Faire de mauvais choix et prendre de mauvaises décisions «peut être désastreux», a encore reconnu la sportive.

Auparavant, vêtue d'un tailleur noir et d'une chemise rose, Marion Jones était arrivée au tribunal en compagnie de sa mère et de son avocat, l'air fermé, et se mordant la lèvre alors que journalistes et caméras l'assaillaient. Ses empreintes digitales lui ont ensuite été prises avant le début de l'audience.

Parlant d'une voix claire, la jeune femme a admis s'être dopée et avoir menti à ce sujet en 2003 à l'enquêteur qui l'interrogeait. «J'ai répondu que je ne l'avais pas fait. C'était un mensonge, votre Honneur».

Elle a également plaidé coupable d'avoir menti aux enquêteurs au sujet de son implication dans un complot de fraude financière.

Marion Jones a déclaré avoir pris des stéroïdes de septembre 2000 à juillet 2001.

Elle a expliqué que son entraîneur d'alors, Trevor Graham, lui avait dit qu'il lui donnait de l'huile de lin alors qu'il s'agissait de stéroïdes.

«J'ai consommé de cette substance à plusieurs reprises avant les Jeux olympiques de Sydney et j'ai continué à en prendre après», a-t-elle avoué au juge. «Avant novembre 2003, j'ai compris qu'il me donnait des produits pour améliorer mes performances», a-t-elle ajouté.

Elle a expliqué s'être «sentie différente», pouvoir «s'entraîner avec plus d'intensité», se «remettre plus vite» et «faire des meilleurs temps» pendant qu'elle utilisait cette substance.

«Il m'a dit d'en mettre sous ma langue pendant quelques secondes et de l'avaler», a-t-elle encore confié au sujet de son entraîneur d'alors. «Il m'a dit de ne le dire à personne».

Marion Jones devra se présenter à nouveau devant le tribunal le 11 janvier pour entendre la sentence.

Dans la conspiration de fraude financière dans laquelle elle est impliquée, Marion Jones a admis avoir menti en niant l'implication de Tim Montgomery. L'ancien détenteur du record mondial de sprint et le père de son fils Monty faisait en effet partie de ce complot visant à obtenir des millions de dollars en espèces de faux chèques ou de chèques volés.

Dans cette affaire, Tim Montgomery, Charles Wells, qui fut longtemps l'agent de Marion Jones, et un ancien entraîneur, Olympian Steve Riddick, ont été tous trois déclarés coupables de conspiration.

Les procureurs ont affirmé à Marion Jones qu'elle risquait une peine de prison de six mois maximum. Le juge peut cependant changer cette peine s'il le souhaite.

C'est donc l'heure de la chute pour celle qui fut en son temps l'athlète la plus célébrée au monde et qui risque maintenant d'être privée de ses médailles, en plus d'une peine de prison.

Le CIO n'a pas été tendre avec la star déchue. «Son aveu arrive tard, et souligne la honte et le déshonneur inhérents à la tricherie», a déclaré dans une communiqué le président du Comité olympique américain Peter Ueberroth, ajoutant que Marion Jones «devrait immédiatement rendre les médailles olympiques gagnées alors qu'elle violait les règles».

Dans le cas de Marion Jones, cela signifierait les Jeux de Sydney en 2000, où elle avait remporté l'or au 100 mètres, au 200 mètres et au relais 4x400, ainsi que le bronze en saut en longueur et le relais 4x100 mètres.

En prévision de cette comparution de vendredi, Marion Jones avait envoyé à sa famille et ses amis une lettre dans laquelle elle confessait avoir utilisé des stéroïdes avant les Jeux olympiques 2000 à Sydney et leur présentait ses excuses pour avoir trahi leur confiance. Une missive dont l'existence et la teneur avait été révélée jeudi par le quotidien «The Washington Post». (ap)

Ton opinion