«Marius»: «Marius» nous fend le coeur
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«Marius»«Marius» nous fend le coeur

Fort du grand succès de «La fille du puisatier», Daniel Auteuil adapte de nouveau Pagnol.

par
Catherine Magnin

Il est beau, Marius (Raphaël Personnaz), le fils de César (Daniel Auteuil). Mais il n'a qu'une chose en tête: quitter le comptoir de son père pour courir les océans. Fanny (Victoire Belezy), qui l'aime depuis toujours, en est toute ­chèvre, au point de se laisser compter fleurette par Panisse (Jean-Pierre Darroussin), qui pourrait être son père. Marius sera-t-il assez jaloux pour ne pas faire la grosse «cagade» d'abandonner Fanny?

Premier volet d'une trilogie

Bé! Encore une adaptation d'un texte de Pagnol, déjà ­porté à l'écran en 1931? Certes. Mais la mise en scène de Daniel Auteuil, est toute simple, fidèle à l'œuvre ori­ginale qu'elle ne prend ni de haut, ni de bas. Mieux: Auteuil se sent pousser des ailes, prend le temps d'aller au bout de l'émotion en s'attardant sur les visages.

Après «Marius», il y aura «Fanny» (qui sort sur nos écrans le 17 juillet) et même «César», si l'accueil du public à «Marius» et à «Fanny» est jugé suffisamment favorable. Qui s'en plaindra?

Daniel Auteuil à propos de Pagnol

Pourquoi encore Pagnol? «Je suis né méridional. Déjà quand je suis né, Pagnol avait donné une identité à la Provence», explique l'acteur né à Alger qui a grandi à Avignon, dans le sud de la France. «Quand vous arrivez à 20 ans à Paris et que la lumière vous manque, vous la retrouvez avec Pagnol et Giono».

Avec la trentaine, est venue la reconnaissance de ses pairs grâce à Pagnol et «Jean de Florette» qui lui vaudra le César du meilleur acteur en 1987.

«Alors quand la question s'est posée de mettre en scène, cela passait obligatoirement par Pagnol. J'ai découvert que c'était un auteur majeur et que ce qu'il nous racontait était toujours d'actualité, des histoires universelles et intemporelles», raconte le récent juré du Festival de Cannes.

Mythique partie de cartes

Pagnol c'est «la tragédie et la comédie en même temps, c'est cela qui m'intéressait. On croit qu'on rigole (avec Pagnol) mais il dit des choses terribles». «Cela raconte des destins ratés, des tragédies, des gens qui s'aiment et ne se trouvent pas», poursuit le cinéaste.

Peu d'adaptations ont été faites depuis celles de Pagnol sur les planches ou sur grand écran incarnées entre 1931 et 1936 par Raimu dans le rôle de César, Pierre Fresnay dans celui de Marius et Orane Demazis dans celui de Fanny. Comment s'y attaquer aujourd'hui? Daniel Auteuil n'a oublié ni l'accent du sud, ni la belle lumière bleue ou les décors qui respirent le Marseille d'antan. Il n'a pas oublié non plus la fameuse partie de cartes.

«C'est une très bonne histoire et comme beaucoup de metteurs en scène qui passent leur temps à revisiter Marivaux ou Molière, je pouvais moi aussi montrer des choses qui n'avaient pas été déjà montrées».

- AFP

«Marius»

De et avec Daniel Auteuil. Avec Raphaël Personnaz, Jean-Pierre Darroussin, Victoire Belezy.

Sortie le 10 juillet 2013.

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