Attaque du Thalys: Mark, l'autre héros qui a empêché le massacre
Actualisé

Attaque du ThalysMark, l'autre héros qui a empêché le massacre

Sans l'intervention du professeur d'anglais, Ayoub El Khazzani aurait sans doute fait un carnage dans le train reliant Amsterdam à Paris, en août 2015. Il témoigne.

par
joc

Alors que le film de Clint Eastwood «Paris 15h17» s'apprête à sortir sur les écrans, France 2 a consacré une partie de son émission «19 heures le dimanche» à l'attaque du Thalys. Le témoignage de Mark Moogalian, l'homme qui a tenté de stopper le terroriste avant l'intervention salvatrice des trois héros américains, fait froid dans le dos. Selon son épouse, le Franco-Américain a «évité un massacre», mais a payé sa bravoure d'une balle dans le dos, le 21 août 2015.

Aidé d'un autre passager, le professeur d'anglais a réussi à s'emparer de la kalachnikov de l'assaillant, Ayoub El Khazzani. «Je pensais que le danger était évité, qu'il suffisait juste de le maîtriser», raconte Mark Moogalian. Mais le terroriste avait un pistolet rangé dans sa poche. Il s'en est servi pour faire feu sur le Franco-Américain. Touché, le voyageur a cru vivre ses derniers instants. Il s'est écroulé au sol et a opté pour l'unique solution qui s'offrait à lui: feindre d'être mort. «Je me suis dit : 'Il va me mettre une balle dans la tête, parce qu'il n'a pas fini le travail'», raconte-t-il.

«Le terroriste n'a jamais prononcé un seul mot»

Sa femme Isabelle a tout vu. Cachée entre deux sièges, elle a cru que tout le monde allait mourir. «C'est comme si mon cœur s'était arrêté», décrit-elle. C'est là que les trois Américains, qui ont entendu le coup de feu, se sont précipités sur Ayoub El Khazzani pour le neutraliser et, ainsi, éviter un bain de sang. Isabelle se souvient d'un silence assourdissant: «Le terroriste n'a jamais prononcé un seul mot. C'était très bizarre cette espèce de silence qui régnait dans cette voiture. L'agresseur a beaucoup résisté», explique-t-elle.

Une fois l'assaillant mis hors d'état de nuire, Spencer Stone est allé prêter main forte à Isabelle, qui tentait de secourir son mari. Infirmier dans l'US Air Force, le jeune homme savait comment s'y prendre, mais la situation semblait désespérée. «La balle a percé le poumon gauche. Il pensait que j'allais mourir. Il ne me l'a pas dit, mais j'ai compris cela plus tard», raconte Mark Moogalian.

Aujourd'hui, Isabelle en est persuadée: sans l'intervention de son époux, le terroriste aurait perpétré un véritable massacre dans le Thalys reliant Amsterdam à Paris. «Sans cette fameuse détonation, Alek, Spencer et Anthony n'auraient jamais entendu ce qu'il se passait. Si Mark n'avait pas reçu cette balle, ils ne seraient pas venus», conclut-elle.

Ton opinion