Genève: Mark Muller a-t-il encore menti?
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GenèveMark Muller a-t-il encore menti?

Invité à révéler le montant de l'indemnité qu'il a versé au barman du MàD, le conseiller d'Etat dit avoir subi des pressions de la partie adverse pour rester muet devant son parti.

par
Raphaël Leroy
Cela fait maintenant plus d'un mois que Mark Muller est dans la tourmente.

Cela fait maintenant plus d'un mois que Mark Muller est dans la tourmente.

Mark Muller n'a pas pu donner suite aux demandes de son parti mardi matin concernant l'indemnité que l'édile PLR a versé au barman du Moulin à Danses (MàD), qu'il a agressé à la Saint-Sylvestre. Le président du MCG, Eric Stauffer, évoquait il y a deux semaines un montant de 50'000 fr. payé en deux fois, ce qui avait interloqué le PLR et le gouvernement genevois.

Clause de confidentialité

«Notre magistrat est tenu au silence par une clause de confidentialité, explique le président libéral-radical, Alain-Dominique Mauris. Mark Muller souhaiterait plus de transparence mais il ne peut pas parler, la partie adverse lui ayant rappelé ses devoirs. Nous ne pouvons dès lors pas exiger de lui de violer cet accord.»

Or, selon nos informations, le magistrat n'a jamais demandé aux avocats de la victime de lever la confidentialité de l'accord, ce qu'il pouvait librement faire. Pire: c'est lui qui aurait tenu à l'existence de cette clause dans le contrat.

«Nous serions pourtant prêt à entrer en matière pour lever cette clause si notre client donnait son aval et surtout que M. Muller nous le demandait formellement, indique Me Philippe Juvet, conseil du barman. Mais je doute que ce soit dans son intérêt.»

De son côté, Mark Muller réfute ces accusations. «Je n'ai jamais exigé une telle clause de confidentialité, indique le ministre. J'ai par ailleurs reçu une lettre de Me Juvet le 10 février ne me laissant que peu de marge de manœuvre.»

L'édile devra encore s'expliquer mercredi matin devant le Conseil d'Etat.

Un seul objectif: le logement

En attendant, le comité directeur du PLR, qui se réunit tous les mardi matin, a fixé un cap à son poulain. «Nous attendons maintenant de Mark Muller une attitude exemplaire autant sur le plan privé que politique, tonne M. Mauris. Il a déçu les siens, il doit maintenant se racheter. Je lui ai clairement demandé qu'il avance ses dossiers.»

Au centre des préoccupations du parti: la construction de logement. «Mark Muller doit tenter de construire 2'500 logements par an et revisiter le Plan directeur cantonal, exige son président. Il doit trouver des compromis avec les communes par plus de concertation. Ce qu'il n'a pu prouver à titre privé, il doit maintenant le faire au niveau politique.»

En parlant, le ministre se met en danger

La clause de confidentialité n’étant pas levée entre l’édile et le barman, le conseiller d’Etat risque gros s’il divulgue le montant de l’indemnité qu’il lui a versée. D’une part, une clause pénale pourrait exister dans l’accord qui exposerait Mark Muller à des poursuites et de nouvelles indemnités à verser à la clé. D’autre part, les avocats du barman pourraient réactiver leurs plaintes. Enfin, la partie plaignante pourrait ne plus se sentir liée par le contrat, et révéler à son tour des détails croustillants de l’affaire.

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