Actualisé 25.03.2020 à 12:12

Coronavirus

Masque chirurgical inutile si le virus est dans l'air

Porter un masque pour se protéger du Covid-19? Tout dépend de la situation et du modèle, selon un fabriquant.

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Porter un masque chirurgical ne sert qu'à retenir les sécrétions.

Porter un masque chirurgical ne sert qu'à retenir les sécrétions.

Keystone/image dillustration

De nombreux travailleurs qui se trouvent au contact des gens craignent d'être contaminés. Et ils sont nombreux à souhaiter porter des masques pour se protéger du coronavirus. Cette demande est toutefois souvent rejetée par les employeurs, pour ne pas faire peur à la clientèle ou simplement parce qu'ils n'en ont pas et ne peuvent pas s'en procurer.

Depuis le début de la crise, il a été souvent répété que les masques ne servent qu'à protéger les autres. Mais une rumeur de plus en plus insistante voudrait que cette explication n'ait été donnée qu'en raison de la pénurie et afin de garder un maximum d'unités pour le personnel soignant.

Pauline*, une professionnelle de la santé, s'est directement adressée à un fabriquant pour en avoir le coeur net. «La première chose à distinguer, c'est le type de masque (lire encadré)», rapporte-t-elle. Les masques les plus simples, appelés masques de chirurgiens, ont en effet pour mission principale de protéger les autres. «En gros, ils servent à retenir les sécrétions, comme les postillons. Toutefois, ils doivent être changés dès qu'ils sont souillés, parfois après seulement quelques minutes, par exemple si on a toussé dedans», poursuit notre interlocutrice.

Ne pas porter un masque contaminé

Mais empêche-t-il les personnes saines de contracter la maladie? «Pas vraiment, répond Pauline. Si une personne atteinte du coronavirus vous éternue dessus et que vous portez un masque, ça peut aider. Mais il faut tout de suite s'en débarrasser et se laver les mains. Car en gardant un masque contaminé, vous avez un fort risque de tomber malade.»

De plus, un masque ne protège pas celui qui le porte si le virus est en suspension dans l'air. «Si on reste suffisamment longtemps à proximité d'un malade, par exemple lors d'un long déplacement en transports publics, ou si on rentre dans la chambre d'un patient, on peut être contaminé même avec un masque chirurgical sur le nez. Seul un masque de type ffp2 est une protection sûre dans ce genre de cas. D'ailleurs, en milieu hospitalier, ceux-ci sont surtout utilisés dans les situations à risques, comme une intubation.»

Ce qui signifie qu'un vendeur ou un livreur, par exemple, ne reste pas assez longtemps en présence d'un éventuel malade pour que le port d'un masque fasse la différence. Ce sont donc avant tout les contacts, même indirects, que ces travailleurs doivent fuir. Se désinfecter les mains et éviter de se toucher le visage restent donc les meilleures armes de prévention.

*Prénom d'emprunt

Plaqué ou non, c'est la grande différence

Le masque chirurgical et le ffp2 sont les modèles les plus courants. La grande différence entre eux: le premier ne s'adapte pas de manière hermétique au visage, alors que le second se plaque autour de la bouche et du nez (système bec de canard). Ainsi, seul ce dernier protège son porteur des particules en suspension, puisqu'il filtre l'air. De plus, sa trame est très fine et peut ainsi faire barrage à certains virus que le masque de chirurgien laissera passer. C'est pour cette même question de trame que porter un bandana ou une écharpe sur son visage sera utile pour ne pas respirer de la poussière ou du pollen, mais que ça n'aura aucun impact sur les agents infectieux.

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