Actualisé 24.03.2019 à 07:07

AfriqueMassacre dans un village au Mali

Plus de 100 villageois ont été assassinés par des chasseurs traditionnels dans un village peul du centre du Mali.

«Au moins cinquante civils peuls ont été tués samedi dans le village d'Ogossagou par des chasseurs traditionnels». (mali, 23 mars 2019)

«Au moins cinquante civils peuls ont été tués samedi dans le village d'Ogossagou par des chasseurs traditionnels». (mali, 23 mars 2019)

DR/twitter

L'attaque samedi d'un village peul du centre du Mali par des membres présumés de groupes de chasseurs traditionnels dogons a dépassé les 100 morts, selon un nouveau bilan donné par les autorités locales, confirmé par une source de sécurité et une association.

Un précédent bilan de cette attaque dans le village d'Ogossagou-Peul, dans la zone de Bankass, près de la frontière avec le Burkina Faso, faisait état d'au moins une cinquantaine de morts. «Le nouveau bilan est de 115 morts», a affirmé Cheick Harouna Sankaré, le maire de la localité proche de Ouenkoro, expliquant que les corps de personnes portées disparues avaient été retrouvés.

Une mission composée d'un détachement de l'armée malienne et des autorités locales est arrivée sur les lieux dans l'après-midi, selon une source de sécurité. Celle-ci a fourni un bilan d'«au moins 105 morts civils».

«Ce sont les chasseurs traditionnels qui sont accusés par les rescapés», a souligné le préfet de Bankass, Boubacar Kané. «Le bilan provisoire est de 115 morts, dont les éléments peuls du DDR cantonnés dans le village de Ogossagou», a affirmé M. Kané à l'AFP.

Il faisait référence à l'extension au centre du pays depuis le début de l'année du processus de «désarmement, démobilisation et réinsertion» (DDR) prévu par l'accord de paix de 2015 conclu avec les combattants des groupes armés. Selon des témoins, les cases du village ont été incendiées.

Groupe djihadiste

Depuis l'apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe djihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, qui ont créé leurs propres «groupes d'autodéfense». Ces violences ont coûté la vie à plus de 500 civils en 2018, selon l'ONU.

Les Peuls dénoncent des exactions de la part de groupes de chasseurs, tolérées voire encouragées selon eux au nom de la lutte contre les djihadistes, par les autorités ou l'armée, ce que dément le gouvernement. (nxp/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!