Massacre de Srebrenica: ouverture du procès
Actualisé

Massacre de Srebrenica: ouverture du procès

Le procès de sept officiers bosno-serbes accusés d'être impliqués dans le massacre de Srebrenica en 1995 s'est ouvert vendredi devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye.

Le procureur général Carla Del Ponte n'a pu prononcer son intervention liminaire à la suite d'un incident avec la défense.

Vujadin Popovic, Ljubisa Beara, Drago Nikolic, Ljubomir Borovcanin et Vinko Pandurevic sont accusés de génocide, complicité de génocide, extermination, meurtres, persécutions et expulsions forcées. Radivoje Miletic et Milan Gvero le sont pour meurtres, persécutions, expulsions forcées. Un homme appartenant à ce groupe, Zdravko Tolimir, est en fuite.

Le colonel Beara était le chef de la sécurité à l'état-major de l'armée des Serbes de Bosnie (VRS), Popovic était lieutenant-colonel de la police militaire bosno-serbe, Borovcanin, commandant adjoint de la police spéciale du ministère bosno-serbe de l'Intérieur, alors que le lieutenant-colonel Pandurevic et le lieutenant Nikolic servaient dans la brigade Zvornik qui a mené l'attaque contre l'enclave.

Carla del Ponte a commencé sa déclaration liminaire, mais a été interrompue moins d'une minute après par une objection des avocats de la défense arguant que les remarques de la magistrate, évoquant le souvenir des disparus, devraient s'inscrire dans le cadre des déclarations sur le fond prévues à partir du 21 août.

Le panel de quatre juges siégeant au TPIY a retenu cette objection, provoquant la colère de Carla del Ponte, contrainte de mettre un terme à son intervention et se disant «absolument stupéfaite» par cette objection. Sa déclaration devait servir à mettre l'accent sur le massacre de Srebrenica, perpétré il y a 11 ans pratiquement jour pour jour.

Mais les avocats des sept prévenus ont estimé qu'elle n'avait pas à faire cette déclaration dès l'ouverture du procès. «C'est aussi bien une déclaration finale que liminaire, et nous y faisons objection», a dit l'un des avocats de la défense, Me John Ostojic.

Ce procès est l'un des plus importants du TPIY après le décès, il y a quatre mois, de l'ancien président yougoslave Slobodan Milosevic avant la fin de son propre procès pour génocide.

Le massacre de Srebrenica est le plus important massacre de civils en Europe depuis la Seconde guerre mondiale. Environ 8.000 Bosniaques musulmans avaient alors été tués. Leurs restes avaient été rassemblés dans des charniers qu'on continue de encore découvrir une décennie après.

Déclarée «zone de sécurité» par l'ONU, Srebrenica était tombée le 11 juillet 1995 aux mains des forces bosno-serbes du général Ratko Mladic. En sous-effectifs et sous-équipés, les casques bleus néerlandais chargés de protéger les civils avaient assisté impuissants à la chute de l'enclave musulmane. Mladic, qui a été inculpé par le TPIY pour génocide, se cacherait aujourd'hui en Bosnie.

Jeudi à Sarajevo, Carla del Ponte avait affirmé dans les colonnes du quotidien bosniaque «Dnevni Avaz» que la Serbie pourrait arrêter et livrer à la justice le général Mladic, poursuivi pour crimes de guerre, mais n'en avait pas la volonté, alors que personne ne semble non plus rechercher Radovan Karadzic, l'ancien chef des Serbes de Bosnie, alors que les deux hommes sont considérés comme les véritables commanditaires du massacre de Srebrenica. (ap)

Ton opinion