Cyclisme: Mathias Flückiger: «Faire une double carrière est quasi impossible!»
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CyclismeMathias Flückiger: «Faire une double carrière est quasi impossible!»

Le vice-champion olympique de VTT à Tokyo dispute son troisième Tour de Romandie. Le Bernois profite de la route pour préparer sa saison de VTT qui reste sa priorité.  

par
Sylvain Bolt
(Zinal)
Mathias Flückiger prépare sa saison de VTT sur les routes du Tour de Romandie. 

Mathias Flückiger prépare sa saison de VTT sur les routes du Tour de Romandie. 

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Vice-champion olympique de VTT à Tokyo l’été passé et vainqueur de la Coupe du monde de la spécialité quelques mois plus tard, le Bernois Mathias Flückiger (33 ans) dispute son troisième Tour de Romandie au sein de l’équipe nationale Swiss Cycling. Avec aucune autre ambition que de préparer sa saison de VTT, qui a débuté le 10 avril au Brésil.

Assis dans la voiture de son équipe pour se réchauffer lors de l’arrivée dans le froid à Zinal, le Bernois (44e du général à 9’07 du leader), a pris quelques minutes pour expliquer ce que la route lui apporte pour sa discipline.

Mathias Flückiger, comment s’est passée cette étape reine du Tour de Romandie entre Aigle et Zinal?

C’était une bonne journée, très intense! On a eu de la chance avec la météo, on s’attendait à pire. Il y avait pas mal de dénivelé, mais c’est surtout la distance qui était un peu plus compliquée pour moi aujourd’hui. En tant que vététiste, c’est impossible de me mêler à la lutte avec les meilleurs sur une étape pareille (ndlr: il a terminé 51e à 6’21 du vainqueur Sergio Higuita). Mon corps n’est pas habitué à rouler cinq heures avec un tel effort et je n’ai pas assez bien mangé hier, donc je n’avais pas très bien récupéré…

Et quel est le bilan avant de conclure votre troisième Tour de Romandie?

C’est toujours une très bonne expérience pour moi de participer à cette épreuve. C’est une excellente préparation pour la saison de VTT, dont la prochaine étape a lieu mi-mai à Albstadt (Allemagne).

Donc la route reste une «simple» préparation pour vous?

Le dilemme est que si j’ambitionne de devenir un peu meilleur ici sur la route, je devrais logiquement plus rouler. Mais ce n’est pas possible dans mon calendrier actuel de faire les deux disciplines. Je ne peux pas vraiment m’entraîner davantage sur route, ou alors je devrais faire des compromis sur ma carrière de VTT. 

C’est quelque chose que vous envisagez de faire un jour?

(Il réfléchit). J’ai un contrat avec un team de VTT et c’est la priorité actuellement. Mais je vois aussi ce que m’apporte la route et je sais que je pourrais encore m’améliorer en cross-country en faisant plus de route. Mais du coup, cela signifierait aussi faire partie d’une équipe plus performante sur route. Faire une double carrière est quasi impossible ou en tout cas l’opportunité ne s’est jusqu’à présent pas présentée pour moi.

Qu’est-ce que la route vous apporte concrètement dans l’optique de votre saison de VTT?

C’est un entraînement intensif en quelque sorte. Car c’est impossible de fournir une telle charge d’effort lors des sorties d’entraînement. Donc c’est très difficile pour moi, mais ça m’amène énormément de pouvoir rouler à fond. En comparaison, le VTT est un effort avec un rythme élevé de 90 minutes qui ressemble à un contre-la-montre sur route. Ici, tu as des phases plus tranquilles et ensuite des passages avec un effort d’intensité maximale, comme lors des trois premières étapes de ce Romandie. Rouler dix minutes «all in» comme je peux le faire sur ce Tour de Romandie est bénéfique pour le VTT.


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