Actualisé 22.02.2014 à 14:06

Italie

Matteo Renzi a prêté serment

Matteo Renzi a officiellement prêté serment samedi pour devenir président du Conseil italien et diriger le 65e gouvernement de l'après-guerre. La presse transalpine se montre sceptique.

Le nouveau gouvernement de Renzi a aussi prêté serment.

Le nouveau gouvernement de Renzi a aussi prêté serment.

Agé de 39 ans, le secrétaire national du Parti démocrate (PD - gauche) est le plus jeune chef du gouvernement de l'histoire du pays.

Les seize ministres -dont huit femmes- ont chacun à leur tour prêté serment, sous les crépitements des appareils de photo et devant leurs familles souriantes. Seul manquait Pier Carlo Padoan, nommé à l'Economie et aux Finances, parti vendredi de Sydney pour le G20.

«Tâche difficile»

Matteo Renzi, qui a fait chuter son prédécesseur Enrico Letta avec l'appui du PD, doit désormais demander lundi la confiance des sénateurs et des députés.

«La tâche est difficile mais nous sommes l'Italie nous y arriverons. Notre engagement: rester nous-mêmes; des gens libres et simples», a tweeté M. Renzi samedi.

Il s'est fixé un calendrier serré qui prévoit une réforme de la loi électorale et du système constitutionnel. Il veut s'attaquer ensuite notamment au problème de l'emploi et à la fiscalité.

«Redonner l'espoir»

En révélant les noms des nouveaux ministres vendredi soir, M. Renzi a dit vouloir «redonner l'espoir» aux Italiens. La presse italienne se montre samedi un peu moins emballée.

«C'est un gouvernement Renzi, et rien d'autre. Beaucoup de nouveaux, peu de personnalités. Beaucoup de femmes, enfin, beaucoup de jeunes (...) un exécutif fait pour un chef» tel que souhaite l'être l'ancien maire de Florence, résume Ezio Mauro, directeur du journal de centre-gauche «La Repubblica».

Ezio Mauro note que M. Renzi, «l'acrobate (est) sur un fil seul et sans filet. Espérons qu'il réussisse: car après lui, ne restent que les clowns populistes».

Coalition nécessaire

Un sentiment que partage le «Corriere della Sera», un quotidien de centre-droit. «Ce nouveau gouvernement est la photographie de la recherche avide de nouveauté du Premier ministre», estime Antonio Polito.

Mais il démontre également ses «limites»: avec un «Parlement sans (vraie, NDLR) majorité électorale», M. Renzi, comme son prédécesseur, sera contraint de s'appuyer sur une coalition gauche-droite pour gouverner face à une «Europe qui nous regarde encore de travers».

Dette abyssale

Autre quotidien de centre-droit, «La Stampa» émet des «doutes» sur «l'expérience, la capacité de peser sur la pire crise économique que l'Italie ait connue depuis la fin de la guerre». L'Italie doit composer avec une dette abyssale (plus de 130% du PIB) et une très légère croissance ( 0,1% au 4e trimestre 2013) après deux ans de récession.

Le quotidien déplore l'absence de «personnalités anticonformistes que tout le monde attendait». L'écrivain Alessandro Baricco par exemple a refusé le ministère de la Culture.

Padoan fait l'unanimité

Parmi les «technocrates», une figure fait l'unanimité, celle du nouveau ministre de l'Economie et des Finances, Pier Carlo Padoan.

Chef économiste de l'OCDE, numéro deux de l'organisation, ce Romain de 63 ans «est un technicien à la valeur indiscutable, bien connu et apprécié à l'étranger, notamment comme négociateur», souligne «Il Sole 24 Ore». Mais, prévient le quotidien économique: «en économie, seule compte la preuve des faits».

Gifle pour les mafias

L'une des «personnalités» dont manque le gouvernement Renzi est certainement le procureur adjoint de Reggio Calabria, Nicola Gratteri, que beaucoup voyaient à la Justice et qui aurait été une gifle pour les mafias.

Selon les journaux italiens, c'est le président Napolitano qui l'aurait écarté au dernier moment, imposant à sa place le «pâle» Andrea Orlando, au prétexte que «jamais un magistrat ne devient Garde des Sceaux».

«Si le Premier ministre était ce qu'il dit être, il aurait tenu bon sur Gratteri et aurait envoyé tout le monde valser», regrette le journal de gauche «Il Fatto Quotidiano». (ats/afp)

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