Italie: Matteo Renzi fâché avec l'Europe

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ItalieMatteo Renzi fâché avec l'Europe

L'immigration reste la pierre d'achoppement entre l'Europe et le chef du gouvernement italien. Matteo Renzi estime toujours que son pays est livré à lui-même dans la crise migratoire.

Matteo Renzi a manifesté sa mauvaise humeur ce weekend à l'égard de l'Europe. (Archives)

Matteo Renzi a manifesté sa mauvaise humeur ce weekend à l'égard de l'Europe. (Archives)

photo: AFP

Matteo Renzi a manifesté sa mauvaise humeur ce weekend à l'égard d'une Europe qu'il juge trop timide face aux défis de l'immigration et de la croissance. Il s'agit de deux sujets sensibles pour les Italiens, appelés à voter avant la fin de l'année.

«Je ne crois pas qu'il soit juste que l'Italie fasse semblant de rien quand les choses ne s'améliorent pas», a affirmé samedi le chef du gouvernement italien lors d'une conférence à Florence (centre), en rendant compte des travaux du sommet européen à 27 vendredi à Bratislava.

L'Italie n'est pas là pour servir «de feuille de vigne» pour les autres, a également lancé le président du Conseil italien, dans une allusion au couple franco-allemand, avec qui il a refusé de s'associer vendredi soir.

«Je ne suis pas satisfait» des conclusions du sommet, «donc je ne peux pas faire une conférence de presse avec la chancelière allemande ou le président de la République française, ne partageant pas les conclusions de la même manière qu'eux», avait-il alors expliqué.

Pas assez vite

Les trois dirigeants affichaient pourtant leur unité, il y a moins d'un mois, lors d'un rendez-vous à trois en Méditerranée, au large de la petite île italienne de Ventotene.

Matteo Renzi, Angela Merkel et François Hollande avaient alors appelé l'Europe, depuis le pont du porte-aéronefs italien Garibaldi, à trouver un nouveau souffle, précisément à l'occasion du sommet de Bratislava.

Mais pour le chef du gouvernement italien, les choses n'avancent pas assez vite, principalement sur les deux sujets qui lui tiennent à coeur avant un referendum crucial: l'immigration et la croissance économique.

Les Italiens sont appelés à se prononcer lors d'un referendum, prévu fin novembre ou début décembre, pour ou contre une réforme constitutionnelle sur laquelle Matteo Renzi joue en partie son avenir politique.

Echec redouté

Matteo Renzi a évoqué vendredi et samedi le rendez-vous de mars 2017, censé marquer la fin d'un processus de renouveau pour l'Union européenne, quand les Européens se retrouveront lors d'un sommet extraordinaire dans la capitale italienne pour les 60 ans du traité de Rome.

Mais après Bratislava, il redoute surtout l'échec. «Bratislava, un pas en avant, mais petit, petit. Beaucoup trop peu», a-t-il jugé dès vendredi soir, avertissant qu'ainsi l'Europe «risque gros».

Le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker a été épargné ce week-end. Selon la presse italienne, Matteo Renzi l'a rencontré vendredi à Bratislava où le Luxembourgeois a promis son aide sur le dossier de la flexibilité budgétaire que réclame l'Italie pour boucler son budget.

Le groupe de Visegrad et le Brexit

Après Bratislava, a déclaré par ailleurs samedi le Premier ministre slovaque Robert Fico, la Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie sont prêtes à opposer leur veto à tout accord sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne qui limiterait les droits de leurs ressortissants à travailler outre-Manche,

Le groupe de Visegrad (V4), qui comprend Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie, s'est opposé aux efforts déployés par la Commission européenne pour imposer des quotas de réinstallation des migrants à travers l'UE afin de soulager les pays en première ligne comme la Grèce ou l'Italie.

Selon Robert Fico, dont le pays exerce jusqu'à la fin de l'année la présidence tournante de l'UE, les pays du V4 ont aujourd'hui un intérêt commun à protéger les droits de leurs travailleurs au Royaume-Uni. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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