12.11.2018 à 05:57

NeuchâtelMatu: toute une filière se plante à l'exa de maths

Les élèves neuchâtelois déplorent une inégalité de traitement entre cantons. Mais c'est leur préparation qui est en cause.

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Des élèves du CPLN s'estiment victimes d'une inégalité de traitement.

Des élèves du CPLN s'estiment victimes d'une inégalité de traitement.

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Dans l'une des filières du canton de Neuchâtel, très peu d'élèves ont eu la moyenne à l'examen préliminaire de mathématiques avancées, comptant pour la maturité professionnelle technique. Globalement, les notes étaient aussi largement au-dessous de celles obtenues durant l'année scolaire.

«Les filières post-CFC et intégrée en 3 ans ont d'une manière générale bien réussi l'épreuve. Le problème concerne principalement les étudiants de la maturité intégrée en 4 ans», précise le directeur des écoles techniques du CPLN (Centre professionnel du Littoral neuchâtelois) et du CIFOM (Centre interrégional de formation des montagnes neuchâteloises). Ainsi, ce sont quelque 90 jeunes sur 156 qui sont concernés.

Pas de calculatrice programmable

Pour expliquer cet échec massif à Neuchâtel, alors que l'examen était commun à tous les cantons romands, les élèves déplorent n'avoir pas eu le droit d'utiliser une calculatrice programmable, une machine pourtant autorisée ailleurs. Ils se considèrent donc victimes d'une inégalité de traitement.

Néanmoins, selon Claude Pottier, président de la commission de coordination des maturités professionnelles en Romandie, cette calculette apparentée aux ordinateurs n'est pas en cause. «Légalement, elle fait partie des systèmes d'aide autorisés. Mais, elle n'est que peu utilisée, voire pas du tout, notamment dans les HES. Dès lors, nous ne pouvons pas l'interdire, tout en sachant qu'apprendre à s'en servir est une perte de temps et qu'elle a un coût non négligeable (allant de 50 francs pour les plus simples à plus de 200 pour certains modèles, n.d.l.r.).»

Pas le même manuel

Claude Pottier précise également que l'examen en question était parfaitement réalisable sans cette fameuse calculatrice. «D'ailleurs, elle ne constituait une aide que pour 10% des questions. Ce n'est donc pas ça qui est à l'origine des mauvais résultats globaux», affirme-t-il. Pour lui, la source du problème est que le manuel utilisé durant les cours n'était pas le même que dans les autres cantons.

Le directeur réfute toutefois cet argument: «Les professeurs du canton peuvent choisir entre deux ouvrages. Mais nous n'avons vu aucune différence dans les résultats entre les classes ayant utilisé l'un ou l'autre. C'est vraiment la filière suivie par l'élève (ndlr: CFC avec maturité intégrée en 4 ans) qui a fait la différence.» Quoi qu'il en soit, pour le directeur comme pour Claude Pottier, l'important est maintenant de prendre des mesures pour rehausser le niveau des élèves. Quant à l'éventualité de refaire cet examen, aucune décision n'a été prise à ce jour.

Pas possible de faire recours

Une partie des élèves, se sentant lésés, ont voulu déposer un recours. Mais cela n'a pas été accepté. Dès lors, une rumeur a parcouru les salles de classes évoquant une volonté de la direction d'étouffer l'affaire. "Je suis au courant de cette rumeur. Mais ce que les gens n'ont pas compris, c'est qu'une simple note n'est en soit pas une décision. Seule la note finale sera considérée comme telle, et c'est à ce moment là qu'il sera possible de faire recours. Pas avant", explique le directeur des écoles techniques neuchâteloises.

La fin des examens communs

En place depuis trois ans pour les maturités techniques, la formule de l'examen commun sera abandonnée d'ici 2020, au profit de celle du cadre référentiel. Du moins, c'est la décision qui devrait être prise vendredi. Les responsables des différents cantons pourront ainsi, à nouveau, organiser leurs propres épreuves, tout en respectant des conditions générales imposées au niveau romand. "Le système avait pourtant largement séduit les intéressés, y compris les enseignants. Mais il est très difficile d'arrêter des dates précises, où tous les élèves en sont au même stade du programme", considère Claude Pottier, président de la commission de coordination des maturités professionnelles.

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