Genève: Maudet à l'épreuve de la fronde pâquisarde
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GenèveMaudet à l'épreuve de la fronde pâquisarde

Le conseiller d'État est allé vanter les bienfaits de la vidéoprotection aux habitants du quartier mardi soir. Il a séduit mais peu convaincu.

par
Raphaël Leroy
Le conseiller d'Etat (de dos) a fait face aux questions des habitants.

Le conseiller d'Etat (de dos) a fait face aux questions des habitants.

L'exercice était périlleux mais Pierre Maudet ne s'est pas dérobé. Devant une centaine d'habitants des Pâquis réunie à la salle du Môle, le conseiller d'État chargé de la sécurité a expliqué mardi soir les bienfaits de la vidéoprotection.

Associations mécontentes

Ce projet, qui prévoit la pose de 21 caméras dans les rues du quartier à l'horizon 2015, fait l'objet de vives critiques de la part des résidents. Le 19 juin, huit associations ont écrit au magistrat pour s'inquiéter de cette mesure et regretter qu'ils «n'aient pas été consultés avant le dépôt du projet de loi au Grand Conseil».

«La vidéoprotection n'est pas une réponse à vos problèmes de sécurité, a commencé Pierre Maudet. C'est une addition de mesures qui l'amélioreront. Cette loi, c'est un moyen parmi d'autres d'y arriver, sous forme de test pendant deux ans. Qu'avez-vous à perdre?»

Inquiétudes multiples

Un argument martelé tout le long des 2h de débat. «Nous voulons tous lutter contre l'insécurité. Mais la question est: comment?», a répliqué un habitant de la rue des Pâquis. «On en a marre que notre quartier soit stigmatisé en année électorale», s'exclame un autre.

L'audience s'est aussi inquiétée du peu d'éclairage dans les écoles, de la vente d'alcool dans les dépanneurs hors des horaires légaux, de l'atteinte des caméras à la sphère privée ou encore de leur inefficacité face au deal. D'autres ont au contraire appelé à tester la vidéoprotection.

Il rassure et plaisante

«On ne va pas chasser les dealers avec ce système, car étant en situation irrégulière, ils ne craignent pas d'être vus, a asséné Pierre Maudet. Nous visons les vols à la tire et les agressions. Quant à la sphère privée, il y a une préposée à la protection des données qui contrôlera l'accès aux images.»

Le magistrat s'est évertué à rassurer ses interlocuteurs en utilisant notamment l'humour. A la question de savoir s'il comptait instituer un moratoire sur les dépanneurs dans le quartier, il a répondu sous les rires de l'audience: «Je compte d'abord être réélu.»

Séduits mais pas conquis

Au final, les membres de l'assistance se sont dits séduits mais pas conquis. «Il parle bien, c'est indéniable, témoigne cette habitante. Mais je n'ai pas changé d'avis. J'étais contre avant et je le suis toujours.» Un autre est plus sévère. «Je suis déçu. Je pensais que cela allait être un vrai échange. Mais il est venu pour imposer ses vues alors que d'autres solutions existent.» Chacun se félicite toutefois de sa venue.

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