Actualisé 29.06.2019 à 05:26

Genève

Maudet au club des jeunes rentiers de la politique

Malgré le scandale et son jeune âge, le conseiller d'Etat a droit à une rente à vie, dès maintenant. En Suisse, d'autres cas ont frappé les esprits.

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David Ramseyer/Jérôme Faas
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Élu en 2012, le conseiller d'Etat genevois Pierre Maudet (PLR) est toujours en fonction. Il a 41 ans.A Genève, les membres du gouvernement cantonal ont droit à une rente à vie s'ils ont accompli au moins sept ans de mandat. S'ils s'en vont avant, ils touchent une indemnité de départ.

Élu en 2012, le conseiller d'Etat genevois Pierre Maudet (PLR) est toujours en fonction. Il a 41 ans.A Genève, les membres du gouvernement cantonal ont droit à une rente à vie s'ils ont accompli au moins sept ans de mandat. S'ils s'en vont avant, ils touchent une indemnité de départ.

Keystone/Martial Trezzini
Élu en 2013, le conseiller d'Etat valaisan Oskar Freysinger (UDC) a quitté ses fonctions en 2017, à l'âge de 56 ans. Il touche une rente à vie de 77'000 francs annuels. Mais la loi valaisanne a changé en 2015. Depuis lors, les conseillers d'Etat sont soumis au système ordinaire appliqués à tous les employés du Canton.

Élu en 2013, le conseiller d'Etat valaisan Oskar Freysinger (UDC) a quitté ses fonctions en 2017, à l'âge de 56 ans. Il touche une rente à vie de 77'000 francs annuels. Mais la loi valaisanne a changé en 2015. Depuis lors, les conseillers d'Etat sont soumis au système ordinaire appliqués à tous les employés du Canton.

Keystone/Jean-christophe Bott
Élu en 2002, le conseiller d'Etat vaudois Pierre Chiffelle (PS) a quitté ses fonctions en 2004, à l'âge de 47 ans. Depuis, il touche quelque 10'000 fr. par mois. Dans le canton de Vaud, les membres de l'Exécutif ont droit à une pension à vie lorsque ils doivent démissionner pour raison de santé (ndlr: cela a été le cas de Pierre Chiffelle), s'ils ne sont pas réélus mais ont exercé leur charge pendant cinq ans au moins, ou s'ils démissionnent après dix ans au moins. En 2007, le régime légal vaudois a été modifié. Un départ dû à un problème de santé n'induit plus automatiquement une pension à vie, sans modification au fil des années. Aujourd'hui, la rente est fixée au cas par cas et peut être sujette à révision.

Élu en 2002, le conseiller d'Etat vaudois Pierre Chiffelle (PS) a quitté ses fonctions en 2004, à l'âge de 47 ans. Depuis, il touche quelque 10'000 fr. par mois. Dans le canton de Vaud, les membres de l'Exécutif ont droit à une pension à vie lorsque ils doivent démissionner pour raison de santé (ndlr: cela a été le cas de Pierre Chiffelle), s'ils ne sont pas réélus mais ont exercé leur charge pendant cinq ans au moins, ou s'ils démissionnent après dix ans au moins. En 2007, le régime légal vaudois a été modifié. Un départ dû à un problème de santé n'induit plus automatiquement une pension à vie, sans modification au fil des années. Aujourd'hui, la rente est fixée au cas par cas et peut être sujette à révision.

Keystone/Fabrice Coffrini

C'est fait: depuis ce samedi, Pierre Maudet est éligible à une retraite à vie. Prévenu d'acceptation d'un avantage et dépouillé de la plupart de ses prérogatives, le conseiller d'Etat PLR élu en 2012 aura droit, une fois son mandat achevé, à une pension de plus de 7400 francs par mois.

Beaucoup se sont émus d'un tel traitement, accusant le magistrat de s'être accroché à son poste pour toucher le pactole - ce que Pierre Maudet a toujours contesté - et ce, malgré les nombreux appels à la démission, y compris dans son propre camp. Certains se disent aussi choqués que le conseiller d'Etat soit aujourd'hui potentiellement rentier, alors qu'il est très loin de l'âge de la retraite et peut prétendre à de nombreuses années de vie active. Pierre Maudet a en effet 41 ans.

Pourtant, le Genevois n'est pas un cas isolé. Depuis le début des années 2000, la Suisse a compté plusieurs célèbres jeunes retraités de la politique au plus haut niveau, partis avec une rente à vie en poche. Il n'existe cependant pas de système unifié en matière de retraite pour les membres d'un Éxécutif. Les règles diffèrent beaucoup entre cantons. Par ailleurs, les montants fluctuent souvent en fonction du nombre d'années passées au sein du gouvernement, ainsi que de l'âge des élus au moment où ils quittent le pouvoir (cf diaporama).

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