GenèveMaudet ne parvient pas à se délester de son salaire
Le conseiller d’État en campagne avait promis de renoncer à sa paie, mais il se heurte à un mur.
- par
- Jérôme Faas

Le conseiller d’État Pierre Maudet espère être réélu le 7 mars.
Décidément, Pierre Maudet peine à se délester de son salaire. Le 13 janvier, il avait fait part de sa volonté de ne pas percevoir de traitement durant la campagne pour l’élection au Conseil d’État, soit du 18 janvier au 31 mars. Il avait exprimé son désir que la somme totale, proche de 50’000 fr., aille aux aides Covid, par exemple aux indépendants. Cela reste pour l’heure un vœu pieux.
Pour des raisons légales, le Conseil d’État avait refusé de suspendre sa paie. Mais libre à lui de la reverser en direct à une cause. Pierre Maudet a finalement choisi, le 9 février, de verser 9192 fr. (son traitement du 18 au 31 janvier) sur le compte générique de l’État qu’il utilise pour ses impôts. Mais en procédant ainsi, l’argent a filé sur son compte fiscal, comme un acompte provisionnel. Bref, techniquement, il a viré de l’argent à son profit, même si tel n’était pas le but.
Les 9192 fr. sont donc en passe de lui être rendus: vu la volonté clairement énoncée de l’élu de ne pas allouer cet argent au fisc, l’exécutif a jugé qu’il ne pouvait être gardé. Mais l’eût-il versé sur un autre compte cantonal, cela n’aurait rien changé. «L’État confirme qu’il n’accepte pas de renoncement au salaire, car cela n’est pas conforme à la loi», indique la chancelière. Hier, Pierre Maudet a réussi à virer sa paie de février au Département de l’économie, ayant obtenu le bon numéro de compte. Si l’État persiste, elle lui reviendra à nouveau, la voie qu’a choisie l’élu pour tenir sa promesse étant considérée comme illégale.
L’élu est certain d’avoir fait tout juste
Pierre Maudet conteste vivement toute manœuvre. Documents à l’appui, il explique avoir d’abord tenté, sans succès faute de bon numéro de compte, de virer l’argent au Département de l’économie. Il a alors utilisé le compte général de l’État et son numéro de référence fiscal. Il en a formellement informé le Conseil d’État le 10 février, répétant à quelles fins il désirait que soit utilisé son salaire. «Depuis, personne ne m’a dit ou écrit que cela posait problème.»