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Service de renseignementMaurer maintient sa confiance à la direction

Le conseiller fédéral admet des erreurs après la découverte du vol de données au Service de renseignement de la Confédération. Il maintient cependant toute sa confiance envers la direction du service.

Le ministre de la Défense Ueli Maurer a «tout de suite compris que c'était très grave» et a immédiatement prévenu la présidente de la Confédération.

Le ministre de la Défense Ueli Maurer a «tout de suite compris que c'était très grave» et a immédiatement prévenu la présidente de la Confédération.

On ne peut pas considérer comme un échec des contrôles internes le fait que le Service de renseignement n'ait pas découvert lui-même la fuite, a déclaré le ministre de la défense dimanche dans une interview à la «SonntagsZeitung» et au «Matin Dimanche». Selon le Ministère public de la Confédération, le témoignage est extérieur à l'Administration fédérale.

Voleur dénoncé par UBS?

Ueli Maurer n'a cependant rien voulu dire sur l'information de la presse dominicale selon laquelle c'estUBS qui a révélé l'affaire au Service de renseignement. Contactée par l'ats, la grande banque n'a pas non plus voulu prendre position.

Les deux hebdomadaires écrivent que le collaborateur des services informatiques du Département fédéral de la défense (DDPS) suspecté du vol aurait tenté d'ouvrir un compte numéroté auprès d'une filiale de l'UBS dans la région bernoise. L'employé de la banque aurait refusé l'ouverture du compte après les questions critiques d'usage avant de faire suivre le cas à l'interne.

La division de sécurité de la banque a finalement fait remonter le témoignage jusqu'au service de renseignement. Après coup, on peut toujours dire que des erreurs ont été commises, dit encore le conseiller fédéral UDC sans être plus concret. Mais la confiance vis- à-vis du service de renseignement reste absolue, précise le chef du DDPS.

Coup de chance

Samedi dans la «Neue Zürcher Zeitung», le ministre de la défense mettait en évidence le fait que, sans un coup de chance, la réputation et la crédibilité de la Confédération auraient été durablement ternies par ce vol de données. Le ministre de la défense assure en revanche que la Suisse et ses habitants n'ont guère été menacés dans leur intégrité physique.

On ne peut jamais être sûr à 100% qu'on peut empêcher une telle fuite, a déclaré le conseiller fédéral. Et Ueli Maurer d'évoquer les limites de la confiance humaine.

Contrôles renforcés

Des mesures ont cependant déjà été prises et des contrôles supplémentaires diligentés à différents niveaux, sachant que «nous serons à l'avenir toujours plus confrontés au risque de vol de données, et pas seulement au Service de renseignement». Il s'agit notamment d'examiner quels supports de données externes ont le droit d'être reliés au système informatique du Service de renseignement, a expliqué le ministre.

Les contrôles de personnes doivent être renforcés, en qualité et en quantité. «Nous devons par exemple examiner la mise en place de doubles ou triples contrôles dans certains secteurs», relève le ministre de la défense. Il serait faux cependant d'installer une culture de la méfiance, affirme-t-il.

Selon le conseiller fédéral UDC zurichois, l'affaire n'aura pas de conséquences disciplinaires. Aucune négligence n'a été commise, selon lui. Le vol est la conséquence d'une activité criminelle du collaborateur interpellé.

«Des guignols»

«Il y a nos données, mais aussi celles que d'autres pays nous ont transmises», note Yvan Perrin dans une interview publiée samedi par le quotidien «Le Matin». «Si nous ne gérions que nos propres données, les dégâts seraient limités. Nous passerions uniquement pour des guignols», renchérit le conseiller national UDC neuchâtelois.

Là en revanche, les conséquences peuvent être énormes, affirme encore M.Perrin. «Imaginez que les Etats-Unis nous aient fourni des données, ou même des pays voisins! Il faudra de nouveau cinq à dix ans pour qu'on nous fasse confiance», ajoute-t-il.

Grave affaire d'espionnage

Les données volées étaient susceptibles de mettre en danger la sécurité de la Suisse, selon le procureur général de la Confédération Michael Lauber, pour qui il s'agit d'une grave affaire d'espionnage économique. Le suspect a été arrêté puis placé en détention préventive jusqu'au 5 juillet, a ajouté le procureur. Il s'agit d'un collaborateur du service informatique, qui «avait l'autorisation de manipuler les données».

Le Service de renseignement de la Confédération est chargé d'assurer la sécurité de la Suisse en recueillant et évaluant des informations importantes sur l'étranger. Il exécute aussi des tâches dans le domaine de la sûreté intérieure, notamment de lutte contre le terrorisme, le commerce illicite d'armes ou l'extrémisme violent. (ap)

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