Attentat contre Hitler: «Maurice Bavaud a été abandonné par la Suisse»
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Attentat contre Hitler«Maurice Bavaud a été abandonné par la Suisse»

Décapité par l'Allemagne nazie pour avoir tenté de tuer Hitler, Maurice Bavaud est mort il y a 70 ans. Les années n'ont pourtant pas effacé la peine et la colère de la famille du Neuchâtelois.

par
Catherine Bex

«Mon frère a été abandonné par les autorités!», martèle le Veveysan Adrien Bavaud. Le frère cadet de Maurice Bavaud en veut encore à la diplomatie suisse d'avoir laissé le Neuchâtelois de 22 ans croupir dans les géoles allemandes durant quelque 30 mois, avant qu'il ne soit finalement guillotiné le 14 mai 1941. Son crime? Avoir tenté d'assassiner Adolf Hitler, à Munich, le 9 novembre 1938, veille de la sinistre Nuit de Cristal.

Agé de 83 ans, Adrien Bavaud a conservé une admiration sans faille envers son aîné et n'a cessé de se battre avec sa famille pour la mémoire de ce jeune homme de 22 ans qui, voyant en la personne du Führer un «danger pour l'humanité», quitte Neuchâtel un jour d'octobre 1938 pour l'Allemagne nazie. Séminariste, décrit comme un pacifiste et un artiste, Maurice Bavaud avait renoncé à poursuivre ses études de théologie. Son destin s'interrompra brutalement à la prison berlinoise de Plötzensee, à l'âge de 25 ans.

Ce n'est qu'en 1955 que l'Allemagne révise son procès, puis annule sa condamnation à mort à titre posthume. Il faudra attendre des années encore avant que les autorités suisses ne reconnaissent que le pays a manqué à ses devoirs en n'intervenant pas pour sauver Maurice Bavaud des griffes des nazis. On sait depuis lors que des échanges de prisonniers avaient lieu, mais que cette possibilité n'a pas été privilégiée dans le cas du Neuchâtelois pour ne pas péjorer les rapports entre les deux pays.

Un symposium ouvert au public se tiendra à l'Université de Neuchâtel, le 13 mai, pour rendre hommage à ce jeune homme que d'aucuns ont considéré comme un illuminé mal préparé. Une sculpture sera également installée en son honneur au Laténium, à Hauterive. Une souscription a été lancée pour couvrir les frais de l'oeuvre, devisée à quelque 40'000 francs.

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