Mauritanie: la junte promet une élection présidentielle
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Mauritanie: la junte promet une élection présidentielle

La junte ayant pris le pouvoir mercredi en Mauritanie a promis jeudi une élection présidentielle dans «une période qui sera la plus courte possible».

Ce scrutin sera «libre et transparent», affirment les militaires.

Le Haut conseil d'état des forces armées et de sécurité (junte), composé de onze militaires et dirigé par le général Mohamed Ould Abdel Aziz, «prendra les dispositions qui s'imposent en vue de garantir la continuité de l'Etat et de superviser en concertation avec les institutions, les forces politiques et la société civile la tenue d'une élection présidentielle».

Cette élection doit permettre de relancer le processus démocratique dans le pays et de le refonder sur des bases pérennes, précise le communiqué.

Mais...

Dans un premier temps, la junte s'était présentée comme un «conseil d'Etat». Des sources proches des putschistes avaient indiqué qu'il pourrait être composé de militaires mais aussi de civils. Elles avaient aussi assuré qu'une élection présidentielle serait probablement organisée dans deux mois.

Mais jeudi, la junte a annoncé une composition exclusivement militaire du conseil. Elle n'a pas avancé de date précise pour la prochaine élection présidentielle.

Auparavant, dans un entretien publié par «Le Temps», le général qui a renversé le président mauritanien mercredi a affirmé qu'il ne s'agissait «pas d'un coup d'Etat». Mohamed Ould Abdel Aziz a également assuré que l'Etat de droit sera préservé.

Dans cet entretien, le général justifie son action en déclarant que «toucher à l'armée aujourd'hui surtout en la décapitant de chefs compétents et des plus respectés met le pays dans une situation dangereuse», notamment en raison des problèmes sécuritaires et de terrorisme que rencontre la Mauritanie.

Sans effusion de sang

Le putsch s'est déroulé mercredi sans effusion de sang. L'aéroport international de Nouakchott a été fermé mais a de nouveau ouvert dans la soirée, a-t-on appris de source sécuritaire. Aucune violence n'a été rapportée pour le moment.

Une marche de soutien aux putschistes a réuni quelques centaines de véhicules et un millier de personnes jeudi dans le centre de Nouakchott, a constaté un correspondant de l'AFP.

Des manifestants criaient «Aziz! Aziz!», du nom du général Mohamed Ould Abdel Aziz, chef de la garde présidentielle qui a mené le coup d'Etat peu après l'annonce de son limogeage par le président mercredi matin.

Condamnation de la communauté internationale

L'Union africaine, l'ONU, l'Union européenne (UE) et les Etats- Unis ont condamné ce putsch dans ce pays semi-désertique de trois millions d'habitants qui produit depuis peu du pétrole mais dispose aussi de fer, de cuivre et d'or.

A Paris, le ministère français des affaires étrangères a dit suivre la situation «avec la plus grande attention», «en liaison avec l'ensemble» des partenaires de la France. Il a souligné l'importance qu'attache la France à la «stabilité» de la Mauritanie, une ancienne colonie. (ats)

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