Suisse: Mauvaise herbe: pas de souci pour les champs bio
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SuisseMauvaise herbe: pas de souci pour les champs bio

Des agriculteurs craignent de passer au bio de peur que les mauvaises herbes ne réduisent leur production. Mais du moins pour le maïs d'ensilage et le blé d'automne, la perte est faible, selon une étude.

Selon des travaux de la station Agroscope Reckenholz-Tänikon (ART) publiés dans le mensuel agricole «Revue UFA», la pratique montre que les mauvaises herbes peuvent être maintenues sous contrôle.

L'équipe de Raphaël Wittwer et Adrian Honegger, du groupe pour l'agriculture biologique d'ART, a analysé la situation dans 34 exploitations des cantons d'Argovie, Zurich et Thurgovie, dont 25 converties au bio depuis une durée oscillant entre deux et 33 ans.

Alors que les exploitations conventionnelles utilisent des herbicides pour contenir les adventices - soit les plantes entrant en concurrence avec la culture en question -, les paysans bio eux doivent soit utiliser des moyens mécaniques soit désherber manuellement.

Selon l'étude, les adventices peuvent recouvrir jusqu'à 70% des parcelles, indépendamment du type de sol et des précipitations. Mais cela n'implique pas pour autant une baisse de rendement: les chercheurs n'ont constaté aucune différence pour le maïs d'ensilage, par exemple. Pour le blé d'automne bio, la perte est de l'ordre de 20% mais elle peut être compensée, voire surcompensée, par des prix plus élevés et les paiements directs.

Question de perception

«Une conversion au bio est donc possible sans que les rendements ne deviennent toujours plus faibles avec le temps», a expliqué à l'ats M. Wittwer. Les paysans conventionnels doivent eux aussi tolérer un peu de «mauvaises herbes», note le spécialiste.

L'étude a d'ailleurs montré que cette tolérance augmente avec la durée du passage au bio. Des responsables d'exploitation fraîchement convertis ont ainsi tendance à juger «plutôt forte» une flore adventive limitée, alors que les agriculteurs bio plus expérimentés jugent «plutôt faible» une couverture adventive «relativement importante» du point de vue des chercheurs.

Selon ces derniers, la nature est en tous les cas gagnante: sur les parcelles bio, le nombre d'espèces des «mauvaises herbes» était nettement plus élevé que sur les parcelles cultivées en mode conventionnel. De surcroît, cette biodiversité augmente rapidement après la conversion au bio. (ats)

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