Affaire Kadhafi: Max Göldi écope de 800 dollars d'amende
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Affaire KadhafiMax Göldi écope de 800 dollars d'amende

Max Göldi, l'un des deux otages suisses en Libye, a été condamné samedi à Tripoli à une amende de 800 dollars (environ 860 francs) pour violation de la législation libyenne sur le commerce.

Le défenseur libyen des deux hommes a qualifié ce jugement de «positif».

L'avocat, Salalh Zahaf, n'a toutefois pas exclu que le procureur général fasse appel dans les prochains jours. Cité par l'AFP, il a rappelé que le tribunal doit se prononcer dimanche sur le cas de Rachid Hamdani, également poursuivi pour «activités économiques illégales» dans le cadre du second procès intenté aux deux Suisses retenus en Libye.

Selon Amnesty International (AI), Max Göldi n'était pas présent samedi au tribunal. Le verdict a été annoncé à l'avocat, a précisé à l'ATS Daniel Graf, porte-parole de l'organisation de défense des droits de l'homme. Cette sentence n'a pas encore été transmise par écrit. Pour AI, il s'agit d'un «procès politique». Les droits de la défense n'ont pas été assurés, a relevé M. Graf.

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) s'est borné a confirmer cette condamnation, les services de Micheline Calmy-Rey se refusant à tout commentaire.

«La voie de l'apaisement»

A l'instar de l'avocat libyen, Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (CERMAM), a également jugé positivement ce nouveau développement. Il s'agit d'une sentence «symbolique». «On s'attendait à une peine plus lourde», a déclaré le politologue genevois interrogé par l'ATS.

«Ce verdict confirme la voie de l'apaisement suivie par la Libye depuis l'acquittement de Rachid Hamdani» lors de son procès en appel pour une première condamnation prononcée en novembre 2009.

Et M. Abidi de poursuivre: «La voie judiciaire suivie par la Libye est un message politique envoyé au gouvernement suisse. Tripoli est pressé de trouver une solution» à la crise, estime le directeur du CERMAM.

Mais les Libyens, s'ils veulent montrer par ce verdict que la détention des deux Suisses n'a rien à faire avec l'arrestation de l'un des fils du leader libyen Mouammar Kadhafi, Hannibal, exigent toujours que des sanctions soient prises à l'égard des responsables de cette arrestation, a souligné M. Abidi à la Radio Suisse Romande.

Retenus depuis juillet 2008

Les deux Suisses sont retenus en Libye depuis juillet 2008, en représailles à la mise en détention provisoire à Genève le même mois de Hannibal Kadhafi. Lors d'un premier procès pour «séjour illégal», en novembre dernier, les deux Suisses ont été condamnés en première instance par contumace à seize mois de prison. Les deux hommes ont fait recours.

En appel à la fin janvier, Rachid Hamdani a été acquitté. Le verdict du procès en appel de Max Göldi a été repoussé au 11 février. Les deux hommes se trouvent actuellement à l'ambassade de Suisse à Tripoli avec interdiction de quitter le territoire libyen.

A la mi-septembre 2009, ils avaient été emmenés par les autorités libyennes dans un lieu tenu secret au prétexte de subir un contrôle médical - une opération qualifiée de «kidnapping» par Berne. Ils n'avaient été reconduits à l'ambassade que le 9 novembre, sans mention d'aucun motif.

(ats)

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