Libye: «Max Göldi sera libéré le 12 juin»

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Libye«Max Göldi sera libéré le 12 juin»

Max Göldi, sera libéré le 12 juin, une fois qu'il aura purgé la totalité de sa peine de quatre mois, a indiqué mardi à l'AFP son avocat.

Max Göldi est emprisonné en Libye depuis près de trois mois.

Max Göldi est emprisonné en Libye depuis près de trois mois.

«Max Göldi sera libéré le 12 juin, date à laquelle s'achève sa peine de prison», a déclaré à l'AFP Me Salah Zahaf, affirmant que «rien n'a changé concernant la situation de son client». «Il lui reste seulement 25 jours à passer en prison. Nous avons déjà engagé les procédures pour préparer sa libération le 12 juin», a-t-il dit.

Interrogé par l'ATS, Emmanuel Altit, l'avocat français du Bernois emprisonné à Tripoli n'a pas souhaité faire de commentaire. «Nous continuons de travailler» sur ce dossier, s'est contenté de dire l'ancien défenseur des infirmières bulgares, qui s'est rendu récemment en Libye.

A Berne, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) n'a pas voulu s'exprimer sur ces déclarations de l'avocat libyen. «Le DFAE a pris connaissance des derniers propos de M. Zahaf et ne les commente pas jusqu'à nouvel ordre», a déclaré son porte-parole Lars Knuchel.

Comportement «irréprochable»

Amnesty International n'a pas non plus pu confirmer les propos de Me Zahaf. La famille de Max Göldi n'a en effet reçu aucune information sur ce sujet, a affirmé sa porte-parole Manon Schick, précisant ne pas vouloir faire de «spéculations».

De son côté, le politologue genevois Hasni Abidi n'exclut pas une libération anticipée de l'otage suisse. M. Göldi a eu un comportement «irréprochable» depuis sa reddition à la justice libyenne le 22 février. En outre, certains Libyens ont confirmé que Tripoli entend «faire un geste» après le profil bas observé par la Suisse et les efforts de médiation menés par l'Union européenne.

Le gouvernement libyen affirme en outre que Tripoli a tout intérêt à libérer Max Göldi pour montrer aux Suisses que la justice libyenne est indépendante, souligne le directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (CERMAM),

Moyen de pression

D'un autre côté, M. Abidi n'exclut pas non plus un «rebondissement» de dernière minute, d'autant qu'on ne connaît pas les véritables intentions des «vrais intéressés», à savoir le clan Kadhafi. Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et son fils Hannibal pourraient intervenir pour bloquer la libération de l'otage.

Les «durs» du régime craignent en effet qu'avec une libération de l'otage, la Libye perde son dernier moyen de pression face à la Suisse. Tripoli cherche en particulier à obtenir la mise sur pied d'un tribunal arbitral censé faire la lumière sur les circonstances de l'arrestation musclée du fils du dirigeant libyen en juillet 2008 à Genève.

Pour le chercheur genevois, tout dépendra en fait du rapport de forces entre les différents composantes du régime de Tripoli.

Victime collatérale

L'employé d'ABB a été arrêté en juillet 2008, en représailles à l'arrestation d'Hannibal Kadhafi à Genève sur une plainte de deux domestiques l'accusant de mauvais traitements. Après 53 jours en prison, Max Göldi et son compagnon d'infortune Rachid Hamdani avaient été libérés mais interdits de quitter le territoire libyen.

Ils s'étaient alors réfugiés à l'ambassade helvétique à Tripoli. M. Hamdani a pu quitter la Libye le 23 février, tandis que M. Göldi a quitté l'ambassade pour se rendre aux autorités libyennes et purger une peine de quatre mois de prison pour «séjour illégal» en Libye.

Me Zahaf avait déclaré fin mars que la police libyenne «n'avait pas suivi les procédures légales» au moment de l'arrestation de son client.

L'avocat avait également présenté une demande de grâce ainsi qu'un recours auprès de la Cour suprême en faveur de son client. Il avait alors expliqué que la grâce pourrait être accordé sur décision politique. (afp)

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