Lausanne: Maxime joue pour la paix, pas pour le fric

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LausanneMaxime joue pour la paix, pas pour le fric

Un pianiste de 22 ans a réalisé une performance en plein air. En signe d'action pour la paix dans le monde et sans aucun but lucratif.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye

Caissier, artiste et musicien, Maxime Curchod se bat pour la paix et contre les addictions.

«Ne donnez pas d'argent. Signez pour la paix.» L'invitation a intrigué bon nombre de passants, vendredi passé devant l'église Saint-Laurent, au centre de la capitale vaudoise. Pendant plusieurs heures, Maxime Curchod, un Lausannois de 22 ans, a joué ses compositions, assis devant son piano. «Il a juste demandé qu'on copie une signature de Nelson Mandela sur une grande feuille», raconte avec amusement une piétonne. «Je sollicite juste l'engagement de chacun pour la paix. C'est ma réaction par rapport aux horreurs de ce monde. Et je pense que la planète irait mieux si l'argent n'avait pas autant d'importance», philosophe le jeune musicien.

Sa démarche étonnante a recueilli plusieurs centaines de signatures en un jour. «Les gens n'arrêtaient pas de lui demander pourquoi il refusait l'argent qu'eux voulaient donner», relève sa petite amie.

Détail amusant, la prestation de ce caissier à mi-temps lui a coûté près de 1000 francs pour le transport du piano: «L'ardoise aurait pu être plus salée mais la police ne m'a pas demandé d'émolument car ma performance était gratuite.»

Outre la musique, le Lausannois consacre son temps libre à la peinture. Avec, pour source d'inspiration, la lutte contre les addictions: une bonne partie de son salaire va dans l'achat d'alcool et de cigarettes: «Je crée à partir de bouteilles et de paquets non entamés.» Il veut rééditer l'expérience de vendredi, mais pas tout de suite: «L'été sera plus propice car là, je me les suis gelées!»

«L'artiste, c'est le médecin qui m'a sauvé»

En avril 2009, grisé par sa témérité d'ado, Maxime fait des sauts dangereux avec des amis. Il chute de 5 m et sa tête percute une structure en béton. Opéré d'urgence au CHUV, il est sauvé après une semaine de coma. «Je dois la vie à un brillant neurochirurgien, qui est décédé un mois et demi après dans le crash du vol Rio-Paris. L'artiste, c'est ce médecin qui n'est plus là. Ce que je suis devenu est son oeuvre. Je vais me faire tatouer sa signature sur le cou.»

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