Etats-Unis: McDonald's: sa hausse des salaires ne convainc pas
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Etats-UnisMcDonald's: sa hausse des salaires ne convainc pas

En donnant 1 dollar de l'heure de plus à ses employés, et davantage de congés, le géant de la restauration rapide pensait avoir la paix. Raté: les salariés poursuivent leur fronde.

Le 17 mars dernier, des travailleurs manifestaient leur mécontentement, réclamant un salaire de 15 dollars de l'heure. Leur employeur vient de leur en offrir 10.

Le 17 mars dernier, des travailleurs manifestaient leur mécontentement, réclamant un salaire de 15 dollars de l'heure. Leur employeur vient de leur en offrir 10.

Emboîtant le pas au géant de la distribution Wal-Mart, McDonald's va augmenter les salaires de 90'000 de ses employés aux Etats-Unis. En moyenne, le salaire horaire va progresser de 1 dollar, à 9,90 dollars, dès le 1er juillet et passera ensuite à plus de 10 dollars à fin 2016, dans les 1500 restaurants gérés directement par la multinationale, a-t-elle détaillé mercredi.

Cette revalorisation, réclamée depuis des mois lors de mobilisations massives de salariés, ne profitera toutefois pas aux 660'000 employés des restaurants franchisés. Ces derniers «prennent leurs propres décisions pour ce qui est des salaires», s'est justifié McDonald's, sans convaincre les collectifs d'employés, qui promettent une nouvelle journée d'action le 15 avril.

Décision «faible», aux yeux des employés

«Ces annonces concernent 5% des salariés de McDonald's dans tout le pays (...) C'est encore trop peu», fustige Kendall Fells, à la tête du mouvement de protestation contre la chaîne de fast-food. «Nous voulons 15 dollars de l'heure en moyenne et le droit de nous syndiquer sans représailles», revendique-t-il.

«C'est une décision faible pour une entreprise qui fait 5,6 milliards de dollars de bénéfices. Nous allons continuer à nous battre», renchérit Kwanza Brooks, salariée d'un restaurant McDonald's à Charlotte, en Caroline du Nord.

Davantage de congés payés

La chaîne de restauration rapide a également annoncé mercredi un second geste en faveur de ses salariés: elle va augmenter le nombre de congés payés des employés qui ont au moins une année d'ancienneté.

«Nous avons écouté nos employés et appris que, en plus d'une augmentation de salaires, payer des congés et apporter une assistance financière à nos employés pour compléter leur formation ferait la différence dans leurs carrières et leurs vies», explique le directeur général Steve Easterbrook, qui a pris ses fonctions le 1er mars.

Aux Etats-Unis, la loi ne garantit pas de durée minimale de congés payés.

Pratiques dénoncées depuis trois ans

Ces annonces interviennent moins de deux mois après une initiative semblable du géant de la distribution Wal-Mart, qui avait décidé d'augmenter les salaires de 500'000 de ses employés (sur un total de 1,3 million) aux Etats-Unis.

Depuis, tous les yeux étaient rivés sur McDonald's, dont les pratiques salariales sont dénoncées depuis 2012 par les collaborateurs.

Selon certains experts, le groupe risque d'être pénalisé par la stagnation des salaires, à l'heure où la décrue du chômage incite les chercheurs d'emplois à se tourner vers des offres mieux payées. Le taux de chômage est tombé à 5,5% en février aux Etats-Unis après avoir atteint 10% pendant la crise financière.

Salaire minimum légal bloqué depuis 6 ans

Au-delà de McDonald's, les grandes entreprises américaines sont sous le feu de critiques qui leur demandent d'augmenter les bas salaires, alors que les inégalités sociales se creusent dans le pays malgré la reprise économique.

Le salaire minimum fédéral est ainsi bloqué à 7,25 dollars de l'heure depuis 2009, soit à peine plus qu'en 1964 en dollars constants, en raison de l'hostilité du Congrès dominé par l'opposition républicaine.

«McDonald's a l'opportunité de prendre le leadership» sur ces questions parce qu'il a de «gros bénéfices et revenus», conclut Cathy Ruckelshaus, de l'ONG National Employment Law Project.

(afp)

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