Suisse: Mea culpa après avoir traité un enfant comme un criminel
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SuisseMea culpa après avoir traité un enfant comme un criminel

Un garçon de 8 ans avait été pris pour cible par la police après avoir demandé s’il pouvait acheter quelque chose avec un faux billet. La directrice du département de la sécurité de Bâle-Campagne lui a présenté vendredi ses plus plates excuses.

par
Lukas Hausendorf/lhu
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La police a enquêté durant un mois pour retrouver ce garçon de 8 ans parce qu'il a essayé d'acheter quelque chose avec un faux billet dans un magasin du village de Bâle-Campagne. La photo de profil et de face de l'auteur du crime.

La police a enquêté durant un mois pour retrouver ce garçon de 8 ans parce qu'il a essayé d'acheter quelque chose avec un faux billet dans un magasin du village de Bâle-Campagne. La photo de profil et de face de l'auteur du crime.

ZVG
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Les deux enfants avaient recueilli de faux billets d’euros lancés par une clique au carnaval de Sissach.

Les deux enfants avaient recueilli de faux billets d’euros lancés par une clique au carnaval de Sissach.

Interrogatoire, prise de photos face-profil, fouille du domicile. Ce n’est pas moins de trois heures de procédure policière qu’un garçon de 8 ans et son frère de 10 ans, traités comme de vrais criminels, ont subi de la part de la police bâloise. Leur délit? Avoir demandé en plaisantant s’ils pouvaient acheter quelque chose avec des billets factices dans une épicerie Volg à Diegten (BL).

Cette affaire, révélée cette semaine par la «Basler Zeitung» et reprise par la presse internationale, a connu vendredi un nouveau rebondissement. Après que le personnel du magasin Volg a présenté ses excuses au plus jeune et à sa famille pour avoir dénoncé son «crime» à la police, c’est au tour de la directrice du département de la sécurité de Bâle-Campagne de présenter des excuses. Kathrin Schweizer a appelé vendredi la famille du jeune «faux monnayeur» admettant que la police avait dépassé les bornes. Une lettre officielle adressée a également été envoyée.

La directrice a ainsi présenté des excuses pour plusieurs erreurs commises dans l'affaire «Märkli», du nom donné par la «Basler Zeitung» à l’enfant de 8 ans. Elle avoue que le stockage des informations et la réalisation des photos des enfants n’étaient pas nécessaires.

«J’ai pleuré comme une Madeleine»

La police n’avait en effet pas pris les choses à la légère: les vidéos de surveillance avaient été scrutées jusqu’à ce que les «coupables» soient identifiés, un bon mois après les faits. Un agent avait alors téléphoné à la famille, expliquant que les enfants avaient commis des actes graves. «J’ai dit que nous allions coopérer, mais après le coup de téléphone, j’ai pleuré comme une Madeleine, en m’attendant au pire», racontait la maman, choquée.

Après un long interrogatoire, l’enquêteur opiniâtre avait conclu que seul le cadet s’était rendu coupable de «mise en circulation de fausse monnaie». Selon le père des garçons, l'officier de police semblait déçu de ne pas pouvoir accuser le frère aîné. À dix ans, il aurait pu être jugé par la justice des mineurs, contrairement au plus petit. Interrogée, la police s’était défendue, rappelant les règlements en vigueur. Mais ce maudit billet risquait de ­poursuivre longtemps le petit Bâlois. Sa maman l’avait rassuré: il n’irait pas en prison, comme il le craignait. Mais son dossier, lui, resterait dans le système informatique de la police jusqu’à ses 20 ans, le 6 mai 2032, date du délai de prescription. 

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